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Chômage en Tunisie: un poste de police incendié par des manifestants

26/02/2014 04:19 EST | Actualisé 27/04/2014 05:12 EDT

Des manifestants dénonçant un concours de recrutement ont incendié un poste de police dans la région tunisienne de Gafsa, stratégique de part ses mines de phosphates mais où la grogne sociale en raison du chômage dégénère régulièrement en heurts.

Les manifestants ont incendié un poste de police de la ville de Métlaoui (centre) et ont affronté les policiers une partie de la nuit, selon un journaliste de l'AFP sur place. Aucun blessé n'a cependant été recensé, selon les autorités locales.

Le calme n'est revenu qu'après l'envoi de renforts policiers depuis la capitale régionale de Gafsa. Des manifestants ont cependant bloqué l'une des principales routes menant à cette ville et la reliant avec le Sud de la Tunisie, selon la même source.

Les heurts ont éclaté après que les autorités ont commencé à annoncer les résultats d'un concours de recrutement d'une société publique travaillant dans le secteur de l'environnement.

Les résultats de ce type de concours déclenchent régulièrement des violences entre candidats malheureux et policiers. Après des évènements similaires en janvier, les autorités ont été obligées de suspendre la publication des listes des personnes recrutées dans toute la région de Gafsa.

Cette région est stratégique pour la Tunisie en raison de ses mines de phosphates mais reste parmi les plus pauvres du pays. Elle avait aussi été le théâtre en 2008 d'une insurrection nourrie par la pauvreté et réprimée dans le sang par le régime déchu de Zine El Abidine Ben Ali.

Depuis la révolution de janvier 2011, la production minière y est à 30% de ses capacités en raison des nombreux mouvements sociaux et malgré l'embauche de milliers de personnes depuis deux ans pour tenter de juguler la grogne sociale.

La révolution tunisienne a été largement nourrie par la misère et le chômage. Déstabilisée par une crise politique et des conflits sociaux à répétition, l'économie de la Tunisie est cependant restée anémique si bien que le chômage touche toujours plus de 15% de la population active et plus de 30% des jeunes diplômés.

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