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Allemagne: un rapport d'experts s'inquiète de l'exil des chercheurs

26/02/2014 07:02 EST | Actualisé 28/04/2014 05:12 EDT

Une commission d'experts auprès du gouvernement allemand s'inquiète dans son dernier rapport, remis mercredi à la chancelière Angela Merkel, d'une "fuite des cerveaux" qui prive la première économie européenne de certains de ses chercheurs les plus brillants.

"L'Allemagne perd au moyen de l'émigration beaucoup de ses meilleurs scientifiques", constate le rapport de la Commission innovation et recherche, et n'arrive à motiver au retour que "peu d'entre eux". "En particulier pour les meilleurs, le système allemand de recherche ne paraît pas assez attractif", poursuit le texte.

Entre 1996 et 2011, plus de 23.000 chercheurs actifs ont émigré, tandis qu'un peu moins de 20.000 sont venus s'installer en Allemagne.

Dans beaucoup de pays, par exemple aux Etats-Unis, en Suisse, aux Pays-Bas ou encore en Belgique, les Allemands constituent le plus gros contingent de chercheurs étrangers, relèvent les experts.

Ils conseillent au gouvernement allemand de mettre en place des programmes ciblés incitant les "cerveaux" au retour et facilitant l'organisation de celui-ci, et de poursuivre activement la mise en place de pôles d'excellence dans le système universitaire allemand.

En parallèle, ils invitent les instituts de recherche allemands à renforcer leur recrutement de personnels étrangers, et à tout faire pour les garder.

Le rapport, rédigé par les six professeurs d'université membres de la commission, se penche sur plusieurs autres aspects de l'innovation et la recherche en Allemagne. Il salue notamment le fait que les dépenses de recherche et développement du pays atteignent 2,9% du produit intérieur brut (PIB), tout près de son objectif affiché de 3%.

Il note toutefois que de plus en plus d'entreprises allemandes réalisent leurs dépenses de recherche à l'étranger. Entre 2009 et 2011, les dépenses de R&D hors Allemagne des entreprises allemandes ont grimpé de 15,3% par an, contre une hausse de 5,7% des dépenses en Allemagne. Les Etats-Unis sont le premier pays bénéficiaire de ces dépenses, la France et le Japon figurant également en bonne place, tandis que la place de la Chine croît mais reste peu importante.

Une partie du rapport est en outre consacrée à la critique du système allemand de soutien aux renouvelables, la loi EEG. Cet "instrument central de la politique allemande de protection du climat et de la politique énergétique est un échec", selon les experts, qui critiquent notamment l'explosion des coûts qu'il a entraîné.

Berlin est en train de plancher sur une réforme de cette loi EEG, qui subventionne activement la production d'électricité de source renouvelable au prix d'un surcoût pour les consommateurs de courant.

mtr/esp/ros

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