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32.000 Islandais exigent un référendum sur l'UE

26/02/2014 12:51 EST | Actualisé 28/04/2014 05:12 EDT

Plus de 32.000 Islandais avaient signé mercredi après-midi une pétition pour exiger un référendum sur la poursuite des négociations d'adhésion de leur pays à l'Union européenne, que le gouvernement veut enterrer via un vote du Parlement.

La pétition peut être signée sur l'internet à l'adresse thjod.is, en donnant son numéro de Sécurité sociale, ce qui garantit la fiabilité du décompte. Elle a dépassé le seuil des 30.000 personnes mercredi en milieu de matinée, soit près d'un électeur sur huit.

"A l'évidence, les gens se soucient de cette question. Nous étions optimistes, mais la réponse a été meilleure que ce que j'osais espérer", se réjouit Jon Steindor Valdimarsson, le leader de Já Ísland (Yes, Iceland), un groupe d'organisations pro-Union européenne à l'origine de la pétition, mais pas des rassemblements devant le Parlement.

Le gouvernement, où cohabitent deux partis eurosceptiques, avait annoncé vendredi qu'il défendrait devant le Parlement un projet de loi lui donnant le pouvoir de "retirer la candidature à une adhésion à l'UE" déposée par le pays en 2010.

D'après M. Valdimarsson, 13% de l'électorat ont déjà signé la pétition, ce qui pourrait pousser au référendum.

Le groupe Já Ísland compte remettre la pétition au Président du Parlement.

Le projet prévoit que la candidature ne pourrait être relancée que grâce à un référendum. Mais il n'a pas été mis à l'ordre du jour, l'opposition réclamant un débat plus consistant.

Mardi soir, des débats vifs au Parlement ont démontré la forte division des élus sur le sujet.

La présidente du groupe parlementaire du Parti de l'indépendance (droite), Ragnheidur Rikhardsdottir, a affirmé que, contrairement au gouvernement, elle voulait que les négociations soient menées à leur terme, puis que les électeurs islandais décident.

Le Mouvement gauche-vert (opposition) a présenté une proposition de loi pour déclarer les négociations suspendues, et non arrêtées.

Le gouvernement actuel n'a en effet aucune intention de relancer les négociations avec Bruxelles, ayant dissous le comité de négociation.

Si un référendum avait lieu, le non à l'UE serait largement favori, l'opinion publique refusant de se fondre dans la politique commune européenne pour la pêche.

Mais d'après les partisans de l'adhésion, l'Islande aurait beaucoup à gagner d'une adoption à terme de l'euro, qui stabiliserait son économie.

"Il serait préjudiciable aux intérêts politiques et économiques du peuple islandais de fermer la porte à l'Europe en ce moment", souligne M. Valdimarsson.

Une nouvelle manifestation était prévue à Reykjavik mercredi, après celle qui a rassemblé 3.500 personnes lundi devant le Parlement, la plus importante depuis celles qu'a entraînées la crise financière de 2008-2009.

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