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Ukraine: des manifestants pro-russes en Crimée dénoncent les «bandits» de Kiev

25/02/2014 08:36 EST | Actualisé 27/04/2014 05:12 EDT

KIEV, Ukraine - Des dizaines de manifestants pro-russes se sont rassemblés dans la péninsule de la Crimée, mardi, pour dénoncer les «bandits» qui tentent de former un nouveau gouvernement à Kiev, certains évoquant même une éventuelle séparation.

«Russie, sauve nous!», ont scandé des manifestants alors que le député russe et chef de la commission parlementaire en charge des affaires d’ex-républiques soviétiques, Leonid Sloutski, leur promettait la protection de Moscou.

Un blindé et deux camions transportant des militaires russes ont circulé dans les rues de Sébastopol, qui accueille l'état-major de la flotte russe en mer Noire. Un drapeau russe avait été installé sur le toit de la mairie pour remplacer celui de l'Ukraine, arraché la veille par des protestataires.

Les manifestants ont prié Moscou de les protéger face aux nouvelles autorités ukrainiennes qui ont pris le pouvoir depuis la fuite du président Viktor Ianoukovitch.

«Les bandits sont au pouvoir, a lancé un travailleur de la construction, Viacheslav Tokarev. Je suis prêt à prendre les armes pour combattre les fascistes qui se sont emparés du pouvoir à Kiev.»

M. Ianoukovitch aurait été vu pour la dernière fois en Crimée, une région pro-russe de la taille du Massachusetts. Un mandat d'arrestation a été émis contre lui en lien avec le meurtre de 82 personnes, pour la plupart des manifestants, lors des violences de la semaine dernière.

Le parlement a adopté une résolution demandant à la Cour pénale internationale, à La Haye, de traduire en justice M. Ianoukovitch et d'autres dirigeants pour leur rôle dans la répression violente des manifestants.

Les manifestants se sont rassemblés pour une troisième journée consécutive devant les bureaux administratifs de Sébastopol et d'autres villes pro-russes du sud de l'Ukraine. Dimanche, ils étaient des milliers à y manifester.

Par ailleurs, le parlement ukrainien à Kiev a reporté la nomination d'un nouveau gouvernement à jeudi, ce qui témoigne des tensions politiques et des défis économiques qui prévalent depuis que le président Ianoukovitch a pris la fuite.

Le président du Parlement, Oleksandre Tourchinov, qui a aussi été nommé président intérimaire, a indiqué que le nouveau gouvernement devrait être en place jeudi plutôt que mardi, comme il l'avait précédemment annoncé.

Il a rencontré des hauts responsables dans la journée de mardi pour discuter des tensions actuelles en Crimée et ailleurs en Ukraine.

En Russie, le président Vladimir Poutine a convoqué les principaux responsables de la sécurité pour discuter de la situation ukrainienne, mais aucun détail de cette rencontre n'a été divulgué par le Kremlin.

La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, s'est entretenue avec les leaders ukrainiens intérimaires. Mme Ashton a demandé au nouveau gouvernement d'adopter les réformes nécessaires pour que l'Occident puisse envisager de lui offrir une aide financière pour renflouer son économie.

Au terme de rencontres à Kiev, elle a déclaré que le nouveau gouvernement devrait faire une place au Parti des Régions de M. Ianoukovitch. «Il doit être inclusif», a-t-elle lancé aux journalistes.

M. Tourchinov a quant à lui déclaré qu'une intégration plus étroite avec l'Europe et une aide financière de l'Union européenne seront «des facteurs essentiels dans le développement stable et démocratique (de l'Ukraine)».

La campagne présidentielle en vue des élections du 25 mai s'est par ailleurs mise en branle mardi.

La principale rivale de M. Ianoukovitch, l'ancienne première ministre Ioulia Timochenko, est largement perçue comme ayant une longueur d'avance. Elle a été libérée de prison samedi, après une incarcération de deux ans et demi.

Un autre leader de l'opposition, l'ancien champion de boxe Vitali Klitschko, a annoncé sa candidature mardi.

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