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La CSST blâme Rio Tinto Alcan pour la mort d'une employée à l'aluminerie Alma

25/02/2014 06:39 EST | Actualisé 25/02/2014 06:39 EST
Agence QMI

La Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) blâme Rio Tinto Alcan après avoir trouvé trois causes à l'accident qui a coûté la vie à Cyndie Lavoie, une opératrice du centre des anodes de l'aluminerie Alma, le 30 avril 2013.

La CSST a rendu public son rapport d'enquête, mardi.

La femme de 36 ans tentait de débloquer deux tiges sur un convoyeur aérien alimentant une machine de nettoyage, une grenailleuse. Elle a réussi à débloquer la première tige pesant une demi-tonne et a été happée par la pièce qui suivait. Cyndie Lavoie a été écrasée contre le cadre d'entrée de la machine.

csst alma

Au terme de son enquête, la CSST blâme Rio Tinto Alcan pour avoir laissé la zone d'entrée de la grenailleuse accessible alors qu'il s'agit d'une zone dangereuse, et pour avoir omis d'indiquer le danger.

D'autre part, les enquêteurs ont constaté que le déblocage depuis la zone d'entrée de la machine exposait la travailleuse à un danger et que la gestion de la santé et de la sécurité des travailleurs par Rio Tinto Alcan était déficiente en matière de déblocage des tiges.

L'enquête démontre que l'entreprise avait rédigé, peu de temps avant l'accident, une note de service sur la sécurité destinée aux employés, mais le document était incomplet et insuffisant. Les travailleurs rencontrés par les enquêteurs ne se souvenaient pas de cette note de service.

La CSST a exigé de Rio Tinto Alcan que les installations soient modifiées à la suite de la mort de Mme Lavoie.

Un constat d'infraction a été remis à Rio Tinto Alcan. L'amende pourrait varier de 15 698 $ à 62 790 $ parce qu'il s'agit d'une première infraction.

Accident évitable

Le Syndicat des travailleurs de l'aluminium d'Alma (STAA-Métallos) se dit satisfait du rapport de la CSST.

Le président du syndicat, Hugues Villeneuve, souligne que le risque avait été identifié, mais que les superviseurs ont fait fi de la recommandation d'un conseiller à la santé et à la sécurité qui mentionnait que la grenailleuse devait être cadenassée.

« Les cadres savaient que les travailleurs devaient plus souvent intervenir directement sur cette machine, mais les superviseurs ont choisi de ne pas en tenir compte », ajoute M. Villeneuve.

« Le rapport ne nous ramènera pas notre consœur. On ne veut plus jamais que ça arrive. » — Hugues Villeneuve, président du STAA-Métallos

Après avoir pris connaissance du rapport, le directeur de l'usine Alma de Rio Tinto Alcan, Guy Gaudreault, assure que toutes les mesures ont été prises pour éviter un autre accident mortel.

« Mon travail est de faire en sorte que ça n'arrive plus jamais », affirme-t-il.