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Même le supérieur syndical de Rambo a dit être incapable de le contrôler

25/02/2014 10:00 EST | Actualisé 27/04/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Devant la Commission Charbonneau, mardi, Pierre Laprise, directeur des opérations de l'entreprise Fernand Gilbert ltée, a rapporté que même le supérieur syndical de Bernard «Rambo» Gauthier, Bernard Girard, lui avait confié qu'il ne parvenait pas à contrôler son représentant syndical sur la Côte-Nord.

«Il m'a déjà dit 'j'ai pas tellement de contrôle sur lui'», a relaté M. Laprise. Il a ainsi repris les propos du directeur de la section locale des opérateurs de machinerie lourde, la 791, affiliée à la FTQ-Construction. M. Girard se trouvait donc à être le «patron» syndical de Bernard Gauthier, qui est représentant de ce syndicat sur la Côte-Nord.

Une réunion avait même dû être tenue entre Hydro-Québec — le donneur d'ouvrage au chantier de La Romaine —, l'entrepreneur et le syndicat, à la suite des difficultés vécues par Fernand Gilbert ltée à son chantier: bris d'équipement répétés, ton agressif de Bernard Gauthier, intimidation et harcèlement de travailleurs qui n'étaient pas de la région.

Et même dans le procès-verbal de cette réunion de décembre 2009, avec papier entête d'Hydro-Québec, il est mentionné que Bernard Girard sait que 98 pour cent des problèmes sont dans sa cour. M. Girard évoque sa volonté de monter lui-même au chantier de la Côte-Nord, en janvier 2010, pour tenter de régler les problèmes.

Du pot au chantier

M. Laprise a aussi rapporté une consommation excessive de marijuana par des ouvriers pendant leurs quarts de travail, à son chantier de La Romaine en 2009.

Il a affirmé que ses contremaîtres lui disaient qu'il y avait tant de consommation de pot au travail que même le papier des rapports sentait la marijuana.

L'entrepreneur a attribué à cette consommation excessive de marijuana par des ouvriers le fait qu'il ait enregistré un nombre important de bris à ses équipements. «Plein de bris, pas seulement des bad lucks, mais des bris excessifs, anormaux», a-t-il résumé.

M. Laprise a calculé 270 000 $ de bris uniquement sur ses cylindres hydrauliques, parce que les opérateurs, distraits, accrochaient les parois rocheuses en effectuant leur travail. De même, des transmissions ont été arrachées sur de la machinerie. Globalement, il parle de «plusieurs centaines de milliers» de dollars.

Après un énième bris, l'entreprise Fernand Gilbert a décidé de sévir contre un opérateur de pelle qui avait «accroché un camion», causant plus de 10 000 $ de dommages.

M. Laprise avait pris la peine d'appeler Bernard Girard pour lui dire qu'il n'était pas capable de discuter calmement avec Bernard Rambo Gauthier et que si Gauthier continuait, il allait lui retirer l'autorisation de se présenter au chantier.

Les doléances contre Bernard Gauthier ont visiblement été entendues, puisque 150 travailleurs se sont alors présentés devant M. Laprise. «Ça jure, ça crache, ça te chante des bêtises», a rapporté M. Laprise, ajoutant qu'un manifestant voulait se ruer sur lui et qu'un autre l'en empêchait. Il n'a finalement pas été touché physiquement par ces manifestants.

Mais il a tenu à défendre l'ensemble des ouvriers de la Côte-Nord, compétents et qualifiés, selon lui, et même la FTQ-Construction en général. «On s'est toujours bien entendu avec la FTQ, avec les travailleurs aussi», a-t-il conclu.

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