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L'Ukraine dans l'attente d'un gouvernement de transition

25/02/2014 10:04 EST | Actualisé 27/04/2014 05:12 EDT

Les consultations politiques se poursuivent mercredi en Ukraine pour former un gouvernement de transition que devrait approuver le Parlement, après la destitution le week-end dernier du président Viktor Ianoukovitch.

Signe de la difficulté d'un compromis, le Parlement a repoussé à jeudi la nomination du gouvernement, initialement prévue mardi. "Il faut que la décision soit prise jeudi. On ne peut pas attendre plus longtemps", a lancé au Parlement le président par intérim, Olexandre Tourtchinov.

Les noms les plus fréquemment cités pour le poste de Premier ministre sont ceux du banquier et dirigeant de la contestation Arseni Iatseniouk, de l'oligarque d'opposition Petro Porochenko et de l'ancienne chef du gouvernement Ioulia Timochenko.

Cette dernière a toutefois déjà indiqué qu'elle ne briguait pas le poste et s'apprêtait à aller se faire soigner en Allemagne.

L'ex-champion du monde poids-lourds de boxe Vitali Klitschko, devenu l'un des dirigeants de la contestation, a pour sa part annoncé sa candidature à l'élection présidentielle anticipée du 25 mai.

Le gouverneur pro-russe de la région de Kharkiv, Mikhaïlo Dobkine, s'est également déclaré candidat. La campagne électorale a débuté mardi et les candidats ont jusqu'au 30 mars pour s'inscrire.

Les Occidentaux et la Russie ont cherché mardi à apaiser la tension à propos de l'Ukraine, où les autorités provisoires luttent pour prévenir une faillite et faire obstacle aux tentations séparatistes du sud et de l'est.

Après avoir mis en doute lundi la légitimité des nouveaux dirigeants ukrainiens et déclaré ne pas se voir "travailler" avec un gouvernement issu d'une "révolte", Moscou a adopté un ton plus conciliant.

Tout en se déclarant opposé à une présidentielle anticipée, le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré qu'"il serait dangereux et contreproductif de forcer l'Ukraine à un choix +soit vous êtes avec nous, soit contre nous+".

A Washington, le secrétaire d'Etat américain John Kerry, est allé dans le même sens: "Il ne s'agit pas d'un jeu (...) il s'agit du peuple d'Ukraine et des choix d'avenir des Ukrainiens".

- Signes de séparatisme -

"Nous proposons du soutien, pas de l'ingérence", a affirmé le chef de la diplomatie de l'Union européenne, Catherine Ashton, alors que le numéro deux de la diplomatie américaine William Burns est arrivé mardi après-midi à Kiev.

La Russie avait annoncé en décembre un crédit de 15 milliards de dollars, dont elle n'a pour le moment versé que 3 milliards, ainsi qu'une forte baisse des prix du gaz. Le versement du solde du prêt paraît désormais incertain au vu des tensions entre les deux capitales.

Selon le ministre ukrainien des Finances par intérim Iouri Kolobov, Kiev a besoin de 35 milliards de dollars sur deux ans et place ses espoirs dans l'organisation d'une conférence de donateurs occidentaux. Cette requête a reçu un accueil favorable auprès des Européens.

Par ailleurs, le président par intérim a appelé à "mettre immédiatement un terme aux manifestations dangereuses de séparatisme", sans citer de cas concrets. A Sébastopol et Simféropol, dans la péninsule pro-russe de Crimée, des manifestations pro-russes se sont déroulées mardi, rassemblant plusieurs centaines de personnes.

Les Occidentaux ne cachent pas depuis plusieurs jours leurs craintes pour l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Ils redoutent que la crise des derniers mois n'ait creusé le fossé entre l'Est russophone et russophile, majoritaire, et l'Ouest nationaliste et ukrainophone.

Par ailleurs, le Parlement ukrainien a voté à une très large majorité une résolution demandant à la Cour pénale internationale (CPI) de poursuivre le président déchu Viktor Ianoukovitch, dans le cadre d'une enquête pour "crimes contre l'humanité".

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