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LinkedIn lance une version en chinois, en se pliant à la censure

25/02/2014 12:35 EST | Actualisé 26/04/2014 05:12 EDT

Le réseau social professionnel LinkedIn a lancé cette semaine une version en langue chinoise, souhaitant séduire la première population d'internautes du monde --quitte à se plier aux règles draconiennes de la censure locale.

Géant du networking, la plateforme LinkedIn (plus de 270 millions de membres dans le monde) ne cachait pas son intérêt pour les 618 millions d'internautes chinois, mais n'était jusque là pas disponible en mandarin.

Pour les réseaux sociaux étrangers, la Chine reste en grande partie inexplorée: la censure très perfectionnée mise en place par les autorités interdit tout contenu sensible sur les forums de discussion, et Facebook comme Twitter y sont bloqués depuis des années.

Pour réussir à y percer, les géants étrangers du secteur sont tenus de respecter des règles draconiennes: de fait, la version en langue chinoise de LinkedIn ne permet pas de créer des groupes de discussion, contrairement à la version en langue anglaise.

"C'est une condition pour pouvoir opérer dans le pays, le gouvernement chinois impose des critères de censure sur les plateformes internet", a indiqué LinkedIn dans un communiqué.

La société californienne a promis que "les restrictions seront mises en place seulement quand elles sont requises et ne seront pas plus développées" que ce qu'exigent les autorités. LinkedIn a par ailleurs indiqué s'engager à jouer "la transparence sur la manière dont il conduit ses activités en Chine".

"LinkedIn soutient résolument la liberté d'expression et désapprouve fondamentalement toute censure gouvernementale. En même temps, nous croyons que l'absence totale de LinkedIn en Chine priverait les professionnels chinois d'un moyen de connexion avec nos autres membres sur notre plateforme mondiale", a insisté le groupe.

LinkedIn a pour objectif de séduire quelque 140 millions d'utilisateurs chinois grâce à sa version en mandarin, qui vise les professionnels sur le marché du travail.

La société revendique déjà 4 millions d'inscrits en Chine, où sa plateforme en anglais est accessible depuis plus d'une décennie.

Le groupe internet américain Yahoo! avait été confronté aux mêmes difficultés sur le marché chinois et avait choisi de se soumettre au strict contrôle des autorités... non sans accroc.

Il y a une décennie, Yahoo! avait ainsi fourni à la police chinoise des informations personnelles sur des "cyber dissidents", qui avaient été arrêtés et pour certains lourdement condamnés. L'affaire avait été dévastatrice pour l'image du groupe.

Si les réseaux sociaux chinois --au premier rang desquels le très populaire site de microblogs Weibo-- prospèrent, les internautes y sont très encadrés et ceux accusés d'y diffuser des informations jugées "diffamatoires" encourent trois années d'emprisonnement.

cdh-jug/glr

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