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Les sympathisants de Rambo le comparent à l'ancien syndicaliste Michel Chartrand

25/02/2014 06:32 EST | Actualisé 27/04/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Au terme d'une première journée de témoignage à la Commission Charbonneau, Bernard Gauthier, représentant syndical des opérateurs de machinerie lourde sur la Côte-Nord, a reçu mardi un nouveau sobriquet: «Chartrand des temps modernes». Les attentes des travailleurs de la Côte-Nord étaient élevées à l'égard de celui qui était jusque-là affublé du surnom de «Rambo».

Les messages de soutien sont nombreux sur la page Facebook de Bernard Gauthier. Des centaines de mots d'encouragement ont été partagés à de multiples reprises mardi.

Des photos de «Rambo» à la télévision, des «merci» et des «bravo» se succèdent à répétition.

Pour les uns, Bernard Gauthier est un «soldat» qui se porte à la défense de ceux qui cherchent à obtenir du travail pour quitter le chômage ou l'aide sociale. Pour d'autres, il s'agit d'un représentant syndical qui a «ses membres à coeur». Il n'en fallait pas plus pour que certains le comparent à l'ancien syndicaliste Michel Chartrand, qui était affilié à la CSN, alors que Bernard Gauthier est lié à la FTQ.

Connu pour sa défense acharnée des droits des travailleurs de l'industrie forestière et ceux de l'amiante dans les années 1950, Michel Chartrand a marqué des générations de travailleurs. Les témoignages partagés sur les réseaux sociaux par les travailleurs de la Côte-Nord ne sont pas sans rappeler les préoccupations de cette autre époque.

Le capital de sympathie à l'égard du nouveau témoin vedette de la Commission Charbonneau transcende même les frontières de la Côte-Nord. Un travailleur, qui a entendu les réponses de Bernard Gauthier, a écrit: «on voudrait un gars comme toi en Abitibi».

Plusieurs l'invitent à profiter de son passage devant les commissaires pour révéler le visage de l'industrie de la construction et les conditions des travailleurs qui, lorsqu'ils sont sans contrat de travail, doivent gagner leur vie comme ils peuvent.

La lecture des commentaires sur les réseaux sociaux semble indiquer qu'une boîte de Pandore a été ouverte. Ainsi, ce ne sont plus les histoires d'intimidation sur les chantiers mais le travail et l'emploi qui ont pris le haut du pavé.

«Bernard Gauthier s'est organisé pour que les gars travaillent pis que les compagnies respectent les conventions», s'est exprimé un autre des quelques 1334 contacts et sympathisants de Rambo sur sa page Facebook.

La sortie du témoin sur la mobilité intraprovinciale de la main-d'oeuvre a aussi été saluée, tout comme son franc-parler. Ses aveux sur ses gestes d'intimidation et la reconnaissance de certaines dérives ont semblé bien passer, comme en témoigne cet autre commentaire d'une dame de la Côte-Nord: «Maintenant, tout le monde sait qu'il a fait des fautes, qu'il a des gros bras, qu'il dit ce qu'il pense, mais qu'il a toute une tête et tout un coeur pour sa région».

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