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Le président du Ghana compte sur l'industrie pour relancer l'économie

25/02/2014 10:15 EST | Actualisé 27/04/2014 05:12 EDT

Le président ghanéen a été hué mardi au Parlement où il annonçait de nouvelles mesures pour stabiliser la monnaie et diversifier l'économie, au moment où la hausse du coût de la vie fait grogner l'opinion publique.

Les législateurs ont crié à plusieurs reprises leur réprobation aux solutions proposées par l'exécutif pour redresser la monnaie locale, le cédi, qui est en chute libre et fait grimper les prix de tous les produits, des oeufs au litre d'essence.

Dans son discours sur l'état de la nation, le président John Dramani Mahama a proposé des inititiatives pour promouvoir l'industrie locale et diversifier une économie trop basée sur l'or, le cacao et les exportations pétrolières.

Il a notamment cité la production de sucre et la fabrication de sacs de jute pour le cacao, tout en promettant un soutien aux secteurs de l'agriculture et de la pêche.

Les raffineries de farine seront encouragées à utiliser les récoltes locales, a ajouté le président, qui a souhaité que le Ghana devienne un pays exportateur de riz "dans un futur proche".

"Nous devons nous demander si nous voulons en tant que nation continuer à importer de manière débridée", a-t-il lancé.

Son intervention était la dernière en date d'une série d'initiatives destinées à soutenir une économie jadis prospère et aujourd'hui flageolante.

Mais selon les experts, des problèmes structurels, notamment le déficit public galopant, nécessitent plus que des mesures à court terme si le petit pays veut tenir ses promesses d'étoile montante de l'Afrique de l'Ouest.

Le Ghana est souvent cité comme un exemple de stabilité démocratique dans une région turbulente, avec une croissance économique florissante ces dernières années grâce à ses exportations d'or et de cacao et son industrie pétrolière naissante.

Mais le pays a montré récemment ses faiblesses et les citoyens disent en payer le prix fort.

- Déficit public et inflation-

Le déficit public qui se creuse, la chute du cours de l'or de 28% et le rachat d'actifs lancé par la Réserve fédérale américaine ont contribué à faire perdre près d'un quart de sa valeur au cédi l'année dernière.

Cette tendance s'est accentuée depuis début 2014.

Il y a eu une telle pénurie de dollars plus tôt ce mois-ci que la Banque centrale ghanéenne a dû obliger toutes les entreprises locales à fonctionner en cédis, pour éviter une plus forte inflation.

Razia Kahn, à la tête du département Afrique de la banque Standard Chartered à Londres, considère ce genre de mesures comme des "réparations à court terme".

Pour Mme Kahn, le Ghana fait face "à un problème plus profond de gestion fiscale dans le sillage de son déficit fiscal".

Pour les économistes, la part trop importante allouée aux salaires des fonctionnaires, qui représentent près de 12% du produit intérieur brut (PIB) et les trois quarts des revenus pétroliers, n'est pas soutenable.

Ce problème est commun à de nombreux pays africains, où une grosse part du budget est attribuée à des services publics souvent peu productifs.

Pour Mme Khan, à cause de ces services publics trop coûteux, "le niveau de la dette pourrait augmenter à un tel point que le Ghana sera obligé d'économiser sur des dépenses qui auront un impact important sur la croissance", comme les infrastructures et l'éducation.

Malgré de nombreux points de tension, l'économie ghanéenne conserve des points forts fondamentaux, tels que la jeunesse de sa population et la perspective d'une production pétrolière qui devrait atteindre environ 100.000 barils par jour - après amélioration des infrastructures.

De nombreux experts lui prédisent une croissance économique de plus de 6% pour la décennie à venir.

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