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Le président chinois en sortie dans les rues de Pékin en pleine "airpocalypse"

25/02/2014 04:16 EST | Actualisé 26/04/2014 05:12 EDT

Le président chinois Xi Jinping a fait mardi une sortie remarquée dans les rues de Pékin, alors que l'épaisse couche de pollution atmosphérique qui recouvre la ville depuis une semaine suscitait railleries et inquiétudes sur les réseaux sociaux.

Des clichés montrant le chef d'Etat se promenant dans des petites rues du vieux Pékin et discutant avec les passants ont fait le tour de l'internet, et alimentaient un débat déjà très nourri sur la nouvelle "airpocalypse" qui frappe la capitale.

La densité de particules de 2,5 microns de diamètre (PM 2,5), les plus nocives, y a dépassé ces derniers jours les 400 microgrammes par mètre cube, selon l'ambassade américaine.

Un niveau 16 fois plus élevé que le plafond de 25 microgrammes préconisé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour une exposition de 24 heures.

Les avenues de la ville restaient plongées dans un épais brouillard grisâtre, qui estompait les contours d'immeubles situés à quelques centaines de mètres et à travers lequel la lumière du jour peinait à percer.

A la célèbre Université de Pékin, des statues désignant les intellectuels chinois Li Dazhao, Cai Yuanpei et Chen Daisun, ou encore l'écrivain espagnol Cervantes, ont été affublés d'un masque de protection sur le visage, selon des photographies très partagées par les internautes.

"C'est une protestation silencieuse", s'est amusé un usager du site de microblogs Sina Weibo.

C'est cependant sans masque de protection que le président Xi s'est promené dans Nanluoguxiang, un quartier très populaire de restaurants et petites échoppes au sud de l'ancienne Tour du Tambour.

Une sortie très orchestrée, sous l'objectif des caméras de télévision.

Xi Jinping avait déjà provoqué l'émoi des Pékinois en faisant une visite surprise fin décembre à un petit restaurant pour y acheter des bouchées au porc --une apparition destinée à le présenter comme un dirigeant "proche du peuple" mais qui avait suscité le scepticisme de nombreux internautes.

Outre Pékin, l'épaisse couche de pollution atmosphérique affectait ces derniers jours environ 15% du territoire chinois, exacerbée par une activité accrue des centrales à charbon en plein hiver, ont indiqué les autorités, prévenant que le smog ne devrait commencer à se dissiper qu'à partir de jeudi.

Les questions environnementales figureront début mars au programme d'une réunion de l'Assemblée nationale populaire, le parlement chinois entérinant les décisions du gouvernement, selon la presse officielle.

La deuxième économie mondiale tire plus de 70% de son énergie de la combustion du charbon. Selon Greenpeace, 570 centrales à charbon sont programmées ou en construction en Chine.

nc-jug/ros

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