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Le coronavirus MERS pourrait être transmis par les dromadaires (étude)

25/02/2014 10:02 EST | Actualisé 27/04/2014 05:12 EDT

Le coronavirus MERS, qui est responsable de problèmes respiratoires aigus et a fait des dizaines de morts au Moyen-Orient, pourrait être transmis par des dromadaires, selon une étude publiée mardi aux Etats-Unis.

Selon le dernier bilan de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ce virus dit du Syndrome respiratoire du Moyen-Orient (Middle East Respiratory Syndrome, MERS) a touché de septembre 2012 au 7 février, 182 personnes dans le monde dont 79 sont mortes.

Le ministère saoudien de la Santé a annoncé dimanche la mort d'une femme de 81 ans du MERS portant le nombre de décès dus à la maladie dans le royaume à 61.

Jusqu'à aujourd'hui, on savait peu de choses sur l'origine de ce virus qui provoque des problèmes respiratoires aigus, avec fièvre, toux, essoufflement, et s'accompagne souvent de pneumonie, de problèmes gastro-intestinaux et aussi d'insuffisance rénale.

Selon la recherche d'un professeur de l'Université de Columbia à New York, ce virus "est extraordinairement commun" chez les dromadaires (bien dromadaires) depuis au moins une vingtaine d'années.

"Dans certaines parties de l'Arabie saoudite, ce virus est présent dans les voies respiratoires des deux tiers de ces animaux", a expliqué à l'AFP Ian Lipkin. Selon lui, "il est probable que les dromadaires soient la principale source d'infection des humains".

Ce chercheur s'est notamment associé avec le professeur Abdelaziz Alagaili de l'université King Saud à Ryad, pour cette étude publiée mardi dans la version en ligne de la revue américaine mBio.

Les chercheurs ont collecté des échantillons de sang et fait des prélèvements rectaux et dans les naseaux de plus de 200 dromadaires en novembre et décembre 2013.

Ils ont trouvé des anticorps propres au MERS chez 74% de ces animaux ainsi que le virus lui-même, en particulier dans les sécrétions nasales des animaux. Les dromadaires porteurs du virus paraissaient en bonne santé.

En analysant des échantillons sanguins de dromadaires prélevés entre 1992 et 2010, l'équipe a trouvé des traces du virus remontant à plus de 20 ans.

"Le virus détecté chez les animaux est similaire à celui que nous avons trouvé chez les humains", précise Ian Lipkin. Si ce lien était confirmé, il s'agirait d'un cas extrêmement rare de contamination directe des humains par des animaux.

La fièvre de la vallée du Rift, qui ressemble à une grippe, est un autre exemple de contamination de cette nature.

La plupart des infections par le MERS se sont concentrées au Moyen-Orient, en particulier en Arabie saoudite, aux Emirats arabes unis et au Qatar.

Des cas plus isolés ont été observés en Grande-Bretagne, en France, en Allemagne, en Italie, en Jordanie et en Tunisie, principalement chez des personnes ayant voyagé dans la région du Moyen-Orient.

Les chercheurs pensent que de proches contacts avec les chameaux expliquerait la transmission du virus probablement par voie aérienne. "Les gens les élèvent comme des animaux domestiques", note Ian Lipkin. "Et ils mangent aussi du dromadaire, il y donc de nombreuses occasions pour que le virus se transmette".

Un vaccin pour les animaux est toujours à l'étude ainsi qu'un traitement pour les personnes malades.

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