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La fermeture d'une plateforme de transactions pour Bitcoin inquiète

25/02/2014 06:59 EST | Actualisé 27/04/2014 05:12 EDT

TORONTO - L'écroulement d'une importante plateforme de transaction pour Bitcoin au Japon, après des mois de pertes secrètes catastrophiques, devrait servir d'avertissement à ceux qui achètent et échangent la populaire monnaie virtuelle, a estimé mardi le patron du regroupement Bitcoin Alliance of Canada.

Selon le directeur exécutif de l'organisation à but non lucratif, Anthony Di Iorio, la principale leçon à retenir devrait être de ne pas laisser d'importants montants de Bitcoin sur une plateforme ou un service de transaction en raison des éventuels risques de sécurité.

«Ce qui est génial avec Bitcoin, c'est que vous pouvez être votre propre banque et personne n'a accès à vos fonds», a-t-il fait valoir.

«Mais si vous les mettez sur une plateforme, et puis que vous achetez et vendez, vous allez devoir les stocker là pour au moins un petit moment.»

Si la tierce partie où se trouvent les Bitcoin devait fermer sans avertissement, l'investissement risquerait de disparaître avec elle.

C'est ce qui semble être arrivé avec la société japonaise Mt. Gox, établie à Tokyo. Jusqu'à 740 000 Bitcoin pourraient s'être volatilisés, ce qui pourrait correspondre à des pertes de centaines de millions de dollars.

La société a affiché mardi un message pour indiquer qu'elle suspendait toutes ses transactions. Son chef de la direction, Mark Karpeles, avait démissionné dimanche du conseil de la Bitcoin Foundation, un groupe qui cherche à faire reconnaître la légitimité de la monnaie virtuelle à travers le monde.

Le site Internet de Mt. Gox ne montrait plus mardi qu'une page vide, après que la société eut interdit à ses usagers d'effectuer des retraits, plus tôt en février.

D'importants membres de la communauté Bitcoin — dont la société de services de portefeuille Coinbase, de San Francisco, et la plateforme chinoise BTC China — ont tenté de se faire rassurants en indiquant que l'effondrement de Mt. Gox était un cas isolé de mauvaise gestion et qu'il n'était pas représentatif des succès de la monnaie virtuelle.

Selon M. Di Iorio, cet événement servira d'importante leçon aux consommateurs au sujet de la façon dont leurs Bitcoin sont sécurisés.

«Les gens vont vraiment être attentifs à leur sécurité et ils vont probablement se servir de cela comme d'un avertissement, pour voir à ce que leur sécurité soit la meilleure possible», a-t-il fait valoir.

«Je crois que le plus important, c'est que le problème n'est pas le Bitcoin en tant que tel. C'est un problème qui touche une société privée.»

Mais d'autres voient dans l'histoire de Mt. Gox le début de la fin pour la monnaie virtuelle.

Selon Lisa Kramer, professeure de finance à l'École de gestion de l'Université de Toronto, la fermeture n'est pas une surprise parce que Mt. Gox éprouvait de sérieuses difficultés avec sa sécurité depuis des mois.

«Le Bitcoin est dans les limbes depuis un certain temps. C'était écrit dans le ciel, a estimé Mme Kramer. Plusieurs économistes croient que les jours du Bitcoin sont comptés.»

Les gens utilisent le Bitcoin parce que c'est pratique et facile, et le cas de Mt. Gox montre que ces raisons ne sont peut-être plus valables, a affirmé Mme Kramer.

«Une question centrale de l'existence de toute devise est que les gens aient confiance en sa stabilité comme moyen d'échange. Lorsque vous avez besoin de votre devise, elle doit être là pour vous. Mt. Gox avait de la difficulté à obtenir ses Bitcoin depuis quelque temps, et il semble maintenant qu'elle ne les aura pas du tout», a-t-elle dit.

«Cela va diminuer la confiance dans les Bitcoin», a ajouté Mme Kramer.

Sur les marchés du Bitcoin, le cours de la devise a chuté mardi de 550 $ US à environ 470 $ US. Il y a trois mois, le Bitcoin valait 1200 $ US chez Mt. Gox.

Le Bitcoin a vu le jour en 2009 comme devise non réglementée, échappant au contrôle des gouvernements et des banques centrales. Le nombre de Bitcoin en circulation est estimé à 21 millions, mais les statistiques sur leur utilisation ne sont pas fiables.

Certains pays, incluant la Russie, ont interdit l'utilisation de la devise. La Banque du Canada ne reconnaît par le Bitcoin comme monnaie ayant cours légal.

Néanmoins, le Bitcoin a gagné en popularité au Canada, où près de 150 entreprises l'acceptent actuellement comme forme de paiement, selon le Canadian Bitcoin Business Directory.

Le Canada a en outre été le premier pays à avoir des guichets automatiques bancaires, l'an dernier. On en trouve maintenant à Vancouver, Ottawa et Toronto.

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