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Israël frappe le Hezbollah, allié du régime de Damas, à la frontière libano-syrienne

25/02/2014 09:02 EST | Actualisé 27/04/2014 05:12 EDT

Israël, qui cherche à empêcher tout renforcement militaire du Hezbollah à la faveur de la crise en Syrie, a frappé dans la nuit de lundi à mardi le puissant mouvement chiite à la frontière libano-syrienne.

"Deux raids israéliens ont frappé une cible du Hezbollah à la frontière libano-syrienne", a indiqué une source au sein des services de sécurité libanais, sans être en mesure de dire quelle était la nature de la cible.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) indiquait de son côté que l'objectif était une "base de missiles" appartenant au parti chiite armé qui combat les rebelles syriens au côté de l'armée du régime de Bachar al-Assad.

"Le plus probable, c'est que le raid israélien s'est produit en territoire libanais, mais on ne peut pas être totalement affirmatif car dans cette région la frontière n'est pas bien tracée", a affirmé de son côté à l'AFP une source militaire libanaise.

Si cette information est confirmée, ce serait la première fois depuis 2006 que l'aviation israélienne frappe le Hezbollah au Liban.

Les dirigeants israéliens, au premier rang desquels Benjamin Netanyahu, ont prévenu à maintes reprises qu'Israël ne permettrait pas que la Syrie fournisse des armements sophistiqués au Hezbollah. Israël et le Hezbollah s'étaient livré une guerre dévastatrice et meurtrière en 2006.

Mardi, le Premier ministre israélien a affirmé qu'Israël faisait "tout ce qui est nécessaire" pour se défendre, en réponse à une question sur ce raid.

Mais "nous ne disons pas ce que nous faisons ou ce que nous ne faisons pas", a ajouté M. Netanyahu.

La veille, le chef d'état-major de l'armée israélienne le général Benny Gantz, avait lancé une mise en garde.

"Nous suivons de près le transfert d'armes de toutes sortes sur tous les fronts. C'est quelque chose de très mauvais et de très sensible. De temps à autre, en cas de nécessité, quelque chose peut survenir", avait-il averti.

- 'Un coup d'essai' -

La télévision du Hezbollah, Al Manar, a affirmé pour sa part qu'"aucun raid israélien n'avait eu lieu sur le territoire libanais", rapportant uniquement un "intense survol de l'aviation de l'ennemi sur la région nord de la Békaa", dans l'est du Liban.

La presse proche du Hezbollah, comme le quotidien Al-Akhbar, a assuré que le raid avait eu lieu en Syrie et que "la nature de l'objectif n'était pas claire".

Mais des habitants de la localité libanaise de Nabi Chit, proche de la frontière, ont affirmé à l'AFP avoir vu des bombes éclairantes dans le ciel avant les raids, qui ont fait trembler leurs maisons et ont eu lieu, selon eux, dans les collines surplombant la localité et où se trouvent des positions du Hezbollah.

Pour le professeur de sociologue Waddah Charara, "ce qui frappe c'est que la presse du Hezbollah nie la réalité du raid et rappelle que la règle du jeu entre le Hezbollah et Israël exclut des raids à l'intérieur du Liban, mais (les permet) seulement en Syrie".

Pour l'expert de ce mouvement, "Israël peut désormais attaquer le Hezbollah au Liban car il sait qu'il n'y aura pas de réactions au sein de la communauté nationale".

"Tant que le Hezbollah se limitait à des opérations de guerre à l'intérieur du périmètre national, il pouvait jouir d'une immunité politique au Liban, mais du moment où il (...) se veut une force régionale subordonnée aux intérêts syriens, il ne jouit plus de cette protection accordée par le caractère +national+ de son action", estime M. Charara.

Pour l'auteur de "l'État Hezbollah", "il s'agit d'un coup d'essai. (...) Si cela se réitérait, cela signifierait que les règles du jeu ont changé et le Hezbollah se concertera avec la Syrie et l'Iran pour voir comment réagir à cette nouvelle situation".

En mai, Israël avait visé à deux reprises des armes destinées, selon l'Etat hébreu, à la puissante formation libanaise près de la capitale syrienne.

Et le 1er novembre, des médias avaient rapporté des frappes israéliennes contre une base aérienne syrienne où se trouvaient des missiles destinés au Hezbollah.

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