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« Comment s'occuper de bébé » à La Licorne : Évelyne Brochu revient au théâtre après 3 ans d'absence (ENTREVUE)

25/02/2014 04:20 EST | Actualisé 25/02/2014 04:24 EST
Jemal Countess via Getty Images
TORONTO, ON - SEPTEMBER 09: Actress Evelyne Brochu arrives at the Entertainment One Celebrates 29 Films At TIFF during the 2013 Toronto International Film Festival at The Roundhouse on September 9, 2013 in Toronto, Canada. (Photo by Jemal Countess/Getty Images)

Il ne reste plus qu’un mois avant la sortie du film Tom à la ferme (28 mars 2014), dans lequel Évelyne Brochu tient un des rôles principaux. D’ici là, l’actrice fera valoir son talent à La Licorne dans le drame « Comment s’occuper de bébé », une première incursion sur les planches depuis sa participation à la version scénique de Tom à la ferme, présentée au Théâtre d’aujourd’hui, il y a trois ans.

Très occupée par les projets à la télé (La Promesse) et au cinéma (Inch’Allah, Café de flore, Frisson des collines, Les Loups, Tom à la ferme) au cours des dernières années, Évelyne Brochu redécouvre les plaisirs de la scène avec un plaisir évident. «Au théâtre, il y a quelque chose de différent qui nous élargi, nous forge et nous fait grandir en tant qu’acteur. Depuis le début des répétitions en novembre, je trouve ça tellement ressourçant.»

Dans Comment s’occuper de bébé, un texte de l’auteur britannique Denis Kelly, la comédienne tient le rôle de Donna McAuliffe, une femme jugée non coupable du meurtre de ses deux enfants. Tout au long de la pièce, les membres de son entourage et les gens impliqués dans l’enquête défilent pour raconter leur version des faits, sans que la jeune femme soit consciente de ce qui se trame. «Elle croit être seule à se livrer aux entrevues et elle n’est pas du tout en contrôle de son image. Elle est à la fois fragile et libre dans sa façon d’être.»

À l’opposé, son mari refuse de parler et menace de poursuites, un docteur essaie d’exprimer l’impact d’un nouveau syndrome qu’il aurait décelé chez Donna, et sa mère, une candidate aux élections locales, tente de jouer sur son image de politicienne. «Au lieu d’essayer de camoufler certains éléments de vérité, la mère va spiner ce qui lui est arrivé et en tirer profit très habilement. Elle est formidable à voir aller!»

Tout au long de cette histoire aux allures documentaristes, chacun des personnages influencera l’opinion du public. «Le spectacle s’intéresse à la vérité, à nos perceptions, au moment où l’on sent qu’on se fait mentir et à toutes les fois où l’on accepte le mensonge, car on aimerait qu’il soit vrai. Au début, on observe un portrait crasse et on pense avoir tout compris. Puis, les zones grises commencent à s’infiltrer dans chaque détail qu’on prenait pour du cash. On finit par se questionner sur son esprit d’analyse et se demander si on possède un réel libre arbitre.»

Passionnée des émissions décortiquant des histoires de meurtres, où les téléspectateurs sont invités à tester leur lecture de l’âme humaine, Évelyne Brochu est particulièrement bien servie par l’écriture de Denis Kelly (Après la fin, Orphelins, Amour/Argent). «Un peu à la manière de Serge Boucher, il écrit de façon à que tu aies l’impression de savoir ce que les personnages pensent. Il suffit de réciter le texte à voix haute pour que leurs pensées te soient révélées. En tant que spectateurs, tu es assis devant ça et tu sens un degré de vérité de frapper de plein fouet.»

Tout au long de l’aventure, le metteur en scène Sylvain Bélanger sème les informations avec discrétion, en laissant le soin aux spectateurs de les cueillir. «Dans une pièce de théâtre, j’aime qu’il y ait une part de mystère que je dois percer moi-même. Un peu comme lorsque j’essaie de deviner ce que les membres de mon entourage ne me racontent pas derrière ce qu’ils me disent. Il y a un grand bonheur à découvrir ces détails-là.»

Tom à la ferme

Dans quelques semaines, le public pourra également juger du travail d’adaptation cinématographique de Xavier Dolan et de Michel-Marc Bouchard sur Tom à la ferme. «Comme le théâtre est un art d’évocation, le cinéma permet d’enlever quelques mots pour montrer plusieurs moments. Il y a aussi un changement de ton : le film est un thriller psychologique, ce que la pièce n’était pas. Aussi, mon personnage faisait semblant de parler anglais dans la pièce, ce qui amenait une dimension comique à l’ensemble, mais cet élément-là a été enlevé pour maintenir la tension du suspense.»

Après avoir obtenu le Prix de la critique à la Mostra de Venise et avoir reçu un accueil plus que chaleureux au TIFF de Toronto, Tom à la ferme sera projeté sous les écrans du Québec dès le 28 mars prochain.

Comment s’occuper de bébé sera présenté à La Licorne du 4 au 22 mars prochain. Pour plus de détails, cliquez ici.

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