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Venezuela: barricades à Caracas, le président Maduro prépare un dialogue national

24/02/2014 04:57 EST | Actualisé 26/04/2014 05:12 EDT

Les étudiants vénézuéliens, qui manifestent depuis trois semaines contre la gestion du président Nicolas Maduro, ont érigé des barricades lundi à travers Caracas au moment où le gouvernement entamait des consultations en vue d'un dialogue national convoqué mercredi pour tenter d'apaiser la grogne.

Le président socialiste, au pouvoir depuis 11 mois, est confronté depuis début février à des manifestations étudiantes contre l'insécurité et la vie chère soutenues par l'opposition. Ce mouvement a plusieurs fois dégénéré en violences en marge de marches pourtant souvent pacifiques, pour un bilan de 14 morts, dont au moins huit par balles, et 140 blessés, selon des chiffres officiels et un décompte de l'AFP.

Lundi, des groupes de manifestants ont installé de nombreuses barricades à Caracas en évitant la confrontation avec les forces de l'ordre. Matelas, mobilier urbain, poubelles ou pneus incendiés obstruaient de nombreuses artères de la capitale à la mi-journée, provoquant frustration et colère parmi les automobilistes, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Nous n'avons plus peur", lisait-on sur la pancarte d'un manifestant près de l'autoroute reliant le centre de Caracas et sa périphérie est. La plupart des barricades ont été démontées sans heurts par les forces de l'ordre dans l'après-midi.

Dans d'autres villes, comme Valencia, troisième agglomération du pays, des incidents ont opposé des grappes de manifestants aux forces de l'ordre, qui ont tiré balles en caoutchouc et grenades lacrymogènes contre des jeunes bloquant un accès à la ville, selon des témoignages recueillis par la presse locale.

A San Cristobal (ouest), où a débuté le mouvement étudiant le 4 février dernier, les brigades anti-émeutes ont dispersé des manifestants à coups de gaz lacrymogène. En marge de ces incidents, un jeune est mort après avoir chuté d'un toit.

Principale cible des manifestants, M. Maduro a ouvert la porte du dialogue samedi sur fond de condamnations et d'inquiétude au sein de la communauté internationale. Il a convoqué une conférence "pour la paix" prévue ce mercredi, à laquelle il a invité "tous les courants sociaux, politiques, corporatistes, religieux" du Venezuela.

Dans un autre geste d'apaisement, la responsable du ministère public Luisa Ortega a indiqué lundi que la justice entendait faire la lumière sur tous les cas présumés de violations des droits de l'homme dénoncés depuis trois semaines.

M. Maduro devait rencontrer les gouverneurs des 23 Etats du pays, y compris ceux qui appartiennent à l'opposition, parmi lesquels Henrique Capriles, candidat battu d'un cheveu lors de la présidentielle d'avril 2013.

Après avoir entretenu le doute sur sa participation, le gouverneur du riche Etat de Miranda (nord), a annoncé sur son compte Twitter qu'il ne participerait pas à la réunion, dénonçant "répression et violations des droits humains".

- "Grave erreur" -

Des voix discordantes se sont fait entendre jusqu'au sein du propre camp de M. Maduro. Lundi, Jose Gregorio Vielma Mora, gouverneur du parti au pouvoir dans l'Etat de Tachira (ouest), dont la capitale est San Cristobal, a qualifié de "grave erreur" l'arrestation de l'opposant Leopoldo Lopez, détenu dans une prison militaire depuis près d'une semaine et accusé notamment d'incitation à la violence.

De leur côté, plusieurs analystes doutaient de la portée du geste d'ouverture du chef de l'Etat. "Le gouvernement perçoit une pression croissante au sein de l'opinion publique nationale et internationale et trouve une opportunité d'apaisement avec ce dialogue", estimait notamment le politologue John Magdaleno.

En décembre M. Maduro avait appelé les maires et gouverneurs de l'opposition à un dialogue sur le thème de l'insécurité auquel il n'a jamais donné suite.

Les manifestations, initialement focalisées sur l'insécurité, se sont ensuite étendues à d'autres revendications sur les thèmes de la crise économique, la pénurie de nourriture et de produits de base ou la répression policière. Elles réclament aussi la libération des personnes arrêtées à l'issue des rassemblements.

Si les appels à la mobilisation, habituellement lancés sur les réseaux sociaux, ne sont pas vraiment centralisés, plusieurs chefs de file du mouvement ont assuré n'avoir aucune intention de baisser les bras.

Nicolas Maduro, héritier politique de Hugo Chavez (1999-2013), décédé d'un cancer le 5 mars 2013, voit dans ces troubles urbains la main de l'opposition soutenue par les Etats-Unis et l'ex-président colombien conservateur Alvaro Uribe. Ces "ennemis du pays" sont, selon lui, décidés à provoquer un "coup d'Etat" contre son gouvernement.

Dans une déclaration retransmise par les médias d'Etat lundi, M. Maduro a annoncé lundi l'arrestation de Jayssam Mokded, présenté comme un "mercenaire originaire du Moyen-Orient" qui préparait des attentats à la voiture piégée.

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