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Un syndiqué de la FTQ-Construction invectivé par d'autres syndiqués de la FTQ

24/02/2014 04:15 EST | Actualisé 26/04/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Un ouvrier pourtant syndiqué à la FTQ-Construction a été invectivé et entouré par une trentaine de syndiqués de la FTQ-Construction de la Côte-Nord, au chantier de La Romaine en 2009, simplement parce qu'il venait du Saguenay plutôt que de la Côte-Nord.

«Quand il est sorti déjeuner le matin, de la cuisine _ il devait être environ 6h le matin _ une trentaine de travailleurs de la Côte-Nord l'ont entouré, puis ils lui ont dit tout simplement qu'il était chanceux de respirer», a rapporté devant la Commission Charbonneau, lundi, Pierre Laprise, directeur des opérations pour l'entreprise Fernand Gilbert ltée.

Comme les ouvriers dorment dans le même baraquement et regardent la télévision ensemble, le soir, il ne pouvait même pas sortir de sa chambre. Il était isolé. Et les contremaîtres de Fernand Gilbert se trouvaient dans la même situation, parce qu'eux non plus ne venaient pas de la Côte-Nord, a noté M. Laprise.

L'ouvrier âgé d'une quarantaine d'années s'est fait tellement «écoeurer» et harceler par ses collègues de travail qu'il a préféré démissionner et quitter la région, a ajouté M. Laprise. Et «il pleurait» en donnant sa démission.

L'employeur lui a offert de lui prêter une camionnette afin qu'il n'ait plus à venir en autobus au chantier avec les autres travailleurs, mais il a décliné l'offre. «Il a été assez marqué», a conclu M. Laprise.

Pourtant, ce syndiqué de la FTQ-Construction avait été référé à ce chantier de la Côte-Nord grâce à une entente entre le représentant régional de la FTQ-Construction au Saguenay_Lac Saint-Jean et le directeur de la section locale des opérateurs de machinerie lourde pour toute la FTQ-Construction, Bernard Girard. Il provenait donc du même syndicat, mais pas de la même région.

L'entrepreneur saguenéen a aussi raconté deux autres incidents qui sont survenus à La Romaine avec un même surintendant.

Alors que le chantier n'était pas encore commencé et que la petite équipe s'affairait à recevoir la machinerie dont elle aurait besoin, le surintendant a voulu aider deux travailleurs non syndiqués qui n'arrivaient pas à décoincer de l'équipement qui avait été fixé très solidement sur un camion. Il a manipulé une barre de fer pour décoincer l'équipement. Quelqu'un l'a alors pris en photo.

Un événement similaire est plus tard survenu lorsque le même surintendant a manipulé une chaîne qui attachait un objet destiné à niveler.

L'entrepreneur s'est fait reprocher de faire exécuter ces tâches par un surintendant plutôt que par un ouvrier. «Ici sur la Côte-Nord, les contremaîtres et les surintendants, ils ne touchent à rien. Sur la Côte-Nord, les chapeaux blancs n'ont pas le droit de toucher à rien», a rapporté M. Laprise.

Le témoignage de M. Laprise se poursuit mardi, après quoi la commission entendra le représentant régional pour la Côte-Nord de la FTQ-Construction, Bernard «Rambo» Gauthier, qui vient en fait de la section locale 791 des opérateurs de machinerie lourde.

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