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Ukraine: l'OSCE souhaite un Groupe de contact international

24/02/2014 04:54 EST | Actualisé 26/04/2014 05:12 EDT

L'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) a nommé un envoyé spécial pour l'Ukraine et propose de créer un Groupe de contact international pour gérer cette crise, a indiqué lundi son président.

Didier Burkhalter, qui est également ministre suisse des Affaires étrangères, assume la présidence tournante de l'OSCE. S'adressant au Conseil de sécurité de l'ONU dans le cadre d'un débat sur la coopération entre l'OSCE et l'ONU, il "a proposé de mettre en place un Groupe de contact international sur l'Ukraine" qui comprendrait "les principaux acteurs internationaux" de cette crise et dont l'OSCE serait "l'hôte et le coordinateur".

La principale mission de ce Groupe serait de "soutenir l'Ukraine dans cette période de transition" et de servir de "plateforme pour coordonner et échanger des informations sur l'aide internationale" à ce pays.

M. Burkhalter a aussi annoncé la nomination de l'ambassadeur suisse Tim Guldimann comme son "envoyé spécial personnel sur l'Ukraine" et a indiqué qu'une petite équipe de l'OSCE avait été envoyée sur place.

Le président suisse a aussi souhaité que les nouvelles autorités de Kiev invitent une mission d'évaluation des droits de l'homme à enquêter sur les violences qui ont secoué le pays afin de "faire progresser la réconciliation nationale en Ukraine", a-t-il ajouté.

Il a aussi proposé que l'OSCE envoie "une mission d'évaluation et d'observation des élections" prévues pour le 25 mai. "Nous souhaitons, a-t-il ajouté devant la presse, que les autorités ukrainiennes disent rapidement qu'elles ont besoin de ces missions" afin que l'OSCE puisse préparer leur mise en place et jouer ainsi son rôle de "ciment entre l'Est et l'Ouest".

"Nous assistons à une phase de désescalade en Ukraine, il est essentiel de soutenir un processus de transition équitable, qui ne marginalise aucune partie de l'Ukraine ni aucune communauté", a estimé M. Burkhalter. "Une Ukraine stable, démocratique et unie est dans l'intérêt de tous".

La Suisse a pris le 1er janvier et pour un an la présidence tournante de l'OSCE, dont le siège est à Vienne.

Lors du débat au Conseil, l'ambassadeur russe Vitali Tchourkine a répété que Moscou mettait en doute la légitimité des nouvelles autorités à Kiev, parlant de "régime non constitutionnel". "Nous demandons à tous les acteurs de faire preuve du maximum de responsabilité, de revenir dans le légalité et de réprimer tous les extrémistes", a-t-il déclaré.

Dans une conférence de presse à l'ONU, l'ambassadeur d'Ukraine Iouri Sergueyev a défendu la destitution du président par le Parlement ukrainien en estimant que Viktor Ianoukovitch "avait lui-même abandonné ses fonctions" en quittant Kiev.

"Dire qu'il s'agit d'un coup d'Etat est absurde", a-t-il affirmé". L'ambassadeur a affirmé qu'il avait pris le parti des opposants dès le 1er décembre pour protester contre des violences policières envers les manifestants à Kiev, sans toutefois démissionner de son poste. "Je travaille non pas pour un gouvernement mais pour l'État et pour le peuple", a-t-il expliqué.

Il a estimé que l'Ukraine devait désormais reprendre les discussions avec le FMI et redonner confiance aux investisseurs mais aussi avoir "des relations de bon voisinage avec la Russie".

avz/rap

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