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Ukraine: les figures-clés du nouveau pouvoir

24/02/2014 06:15 EST | Actualisé 26/04/2014 05:12 EDT

Le Parlement ukrainien, désormais dominé par les opposants à Viktor Ianoukovitch, doit approuver d'ici mardi un nouveau gouvernement, qui doit diriger un pays au bord de la banqueroute, jusqu'à la présidentielle le 25 mai. Voici les figures clés du nouveau pouvoir.

- Vitali Klitschko, le boxeur populaire

Champion du monde des poids lourds, Vitali Klitschko a renoncé à sa carrière pour entrer en politique. Ce colosse de 42 ans, fils d'un officier de l'armée rouge, est aujourd'hui la figure la plus populaire de la contestation, qui se méfie des politiciens traditionnels et qui croit en son engagement à combattre la corruption généralisée en Ukraine, puisqu'il a fait fortune honnêtement.

Ses positions modérées lui ont parfois valu les huées des manifestants radicaux et c'est un piètre orateur. Si certains doutent de ses capacités à diriger un gouvernement, il apparaît comme un possible président de consensus, surtout après le retour à la Constitution de 2004, où les pouvoirs sont plus équitablement partagés entre chef d'Etat, gouvernement et Parlement.

- Ioulia Timochenko, dame de fer controversée

Egérie de la Révolution orange pro-occidentale de 2004 qui avait déjà entraîné la chute de Viktor Ianoukovitch, Ioulia Timochenko, 53 ans, a été libérée samedi après plus de deux ans et demi d'incarcération pour abus de pouvoir.

Le portrait de cette femme élégante et combative, à la tresse blonde emblématique, figurait en bonne place sur le Maïdan, place centrale de Kiev, tout au long de la contestation. Mais en tant qu'ex-Premier ministre au bilan contesté, elle symbolise aussi les divisions et querelles de personnes qui ont permis le retour au pouvoir en 2010 de Ianoukovitch. Et l'incertitude demeure sur son état de santé: elle souffre de hernies discales et est apparue en chaise roulante après sa libération.

- Oleg Tiagnybok, le nationaliste qui a tempéré son image

Le dirigeant du parti Svoboda (Liberté) a réussi à s'imposer comme le troisième homme de la contestation, dans la rue comme dans les discussions avec les médiateurs européens. Une belle réussite, alors qu'une réputation d'antisémitisme lui colle à la peau depuis des déclarations qui lui ont valu en 2004 l'expulsion du Parti social-national.

Ce chirurgien de 45 ans, né dans le bastion nationaliste de Lviv, capitale de l'ouest du pays, a su capitaliser sur l'organisation et la discipline de son parti, et sur un service d'ordre efficace qui a joué un rôle important dans la défense des manifestants.

- Arseni Iatseniouk, le banquier intellectuel

Juriste et économiste à l'ascension politique fulgurante, Arseni Iatseniouk a déjà été, à 39 ans, ministre de l'Economie et des Affaires étrangères. Il a négocié l'entrée de l'Ukraine dans l'Organisation mondiale du Commerce et développé les relations avec l'Union européenne, une expérience qui pourrait s'avérer précieuse alors que l'Ukraine est au bord de la faillite.

Il a repris les rênes du parti de Ioulia Timochenko pendant qu'elle était incarcérée et adopté une posture très ferme dans la crise politique, tranchant avec une image que certains trouvent un peu lisse, refusant notamment l'offre de Viktor Ianoukovitch de devenir Premier ministre d'ouverture en janvier.

- Petro Porochenko, l'oligarque d'opposition

Le "baron du chocolat", propriétaire d'une fameuse holding alimentaire s'est enrichi dans les années 1990 sur les ruines de l'URSS et il est aujourd'hui à la tête d'une fortune estimée à 1,6 milliard de dollars. Il a mis sa puissance financière et médiatique - avec la chaîne de télévision Kanal 5 - au service de la contestation et il est désormais très populaire.

Mais il a un passé de transfuge qui pourrait lui nuire: il a été l'un des fondateurs du Parti des régions de Viktor Ianoukovitch et son ministre de l'Economie.

- Olexandre Tourtchinov, le fidèle second

Elu dimanche président par intérim après la destitution de Viktor Ianoukovitch, Olexandre Tourtchinov est le bras droit de Ioulia Timochenko, à l'ombre de laquelle il a construit sa carrière, devenant chef des services secrets puis son vice-Premier ministre.

Après l'arrestation de Mme Timochenko, ce pasteur évangélique, auteur de romans de science-fiction, prend en main son parti, mais en prenant soin de ne pas être au premier plan, laissant cette place à Arseni Iatseniouk.

- Le Maïdan

Le Maïdan, la place de l'Indépendance de Kiev, demeure l'acteur le plus important de la contestation. La plupart des contestataires veulent un renouvellement complet du système politique, la fin de la corruption et ils ne sont pas enclins aux compromis après avoir payé le prix du sang (82 morts en trois jours la semaine dernière).

Un député du parti de Ioulia Timochenko, Andriï Paroubiï, a été désigné "commandant" des lieux par les mouvements d'opposition et de la société civile. Les groupes d'auto-défense qui lui sont subordonnés assurent la sécurité dans les rues et autour des bâtiments publics de Kiev, désormais abandonnés par la police. Des mouvements radicaux se sont aussi imposés face aux policiers antiémeute, comme le groupe paramilitaire Pravy Sector (secteur droit), qui revendique l'héritage controversé des nationalistes ukrainiens de la Seconde guerre mondiale.

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