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Renzi doit préciser au Sénat son plan éclair et obtenir la confiance

24/02/2014 04:51 EST | Actualisé 25/04/2014 05:12 EDT

Le nouveau président du Conseil italien Matteo Renzi, qui s'est propulsé au pouvoir en promettant des réformes rapides, devra les préciser et convaincre, en présentant lundi son programme au Parlement afin d'obtenir la confiance.

Il sera d'abord devant le Sénat --où il ne peut compter que sur une majorité faible, mais a priori suffisante-- puis mardi devant la chambre des députés, où sa majorité est large et assurée. La bourse de Milan a ouvert avec calme, sur une faible baisse de -0,25%.

M. Renzi s'appuie sur la même coalition gauche-droite que son prédécesseur Enrico Letta : le Parti démocrate (PD, première force de centre gauche), le Nouveau Centre droit (NCD) d'Angelino Alfano, ministre de l'Intérieur et ex-allié de Silvio Berlusconi, et "Scelta Civica", le parti centriste de Mario Monti.

M. Renzi devra expliquer aux sénateurs comment il compte réduire la taxation sur les entreprises pour favoriser l'emploi, et alléger l'impôt sur le revenu, l'IRPEF. Et aussi comment il financera ces réductions: casse-tête dans un pays où la dilapidation des fonds publics est structurelle.

La presse de lundi se faisait l'écho de premières confusions autour de la politique fiscale, même si l'énergie de l'ancien maire de Florence, homme pressé de la politique, a été plutôt convaincante samedi, lors de l'investiture de son gouvernement.

Chef économiste de l'OCDE, Pier Carlo Padoan, poids lourd du gouvernement Renzi, revenu tout juste du G20 de Sydney, lui prête main forte. Ce "technicien" de haut vol a longuement planché ce week-end sur les dossiers avec son jeune chef, en prévision du discours programme de lundi.

Dans la nuit, le Palais Chigi, siège de la présidence du Conseil, a précisé ne prévoir l'introduction d'aucune nouvelle taxe. "L'horizon de ce gouvernement est celui d'une réduction de la pression fiscale à travers une remodulation des rentes financières et des taxes sur le travail".

Le secrétaire à la présidence du Conseil, Graziano Delrio, bras droit de M. Renzi, avait suscité dimanche des critiques, en affirmant que le gouvernement s'apprêterait à augmenter la taxation des bons du trésor BOT (aujourd'hui fixée à 12%), titres traditionnellement refuge pour l'épargne des familles.

- "nous y arriverons" -

Le président du Conseil a mis l'accent sur la bataille contre la bureaucratie, "mère de toutes les batailles", et laissé miroiter cinq milliards de coupes bugétaires.

Quant à la réforme électorale, présentée il y a un mois comme très urgente par M. Renzi, elle ne semble plus la priorité des priorités, notent certains journaux italiens.

Le benjamin des dirigeants européens (39 ans) et son gouvernement ont prêté serment samedi au palais du Quirinal, devant le président Giorgio Napolitano, après un passage de relais d'une extrême froideur avec le sortant Enrico Letta.

Ce dernier, qui a réussi à remettre l'Italie sur la voie d'une faible croissance, semble fort amer après avoir été évincé en une semaine après un coup de force au sein du PD.

Samedi, M. Renzi a promis sur un tweet: "La tâche est difficile mais nous sommes l'Italie, nous y arriverons. Notre engagement: rester nous-mêmes; des gens libres et simples..." Une emphase que n'aurait pas renié un Silvio Berlusconi. La formation de ce dernier, Forza Italia, pourrait d'ailleurs apporter son soutien occasionnel aux lois qui lui conviennent, de la part d'un gouvernement au total bien peu de gauche.

Fort de 16 ministres, dont les deux tiers sont nouveaux, le nouvel exécutif paraît moderne et jeune, mais beaucoup sont néophytes et connaissent mal les dossiers techniques. Renzi s'expose en première ligne, et s'il échoue, le résultat peut être grave pour l'Italie, ont relevé en substance les commentateurs.

L'Italie est sous le poids d'une dette abyssale (plus de 130% du PIB) et enregistre une croissance poussive (+0,1% au 4e trimestre 2013) après deux ans de récession.

jlv/mle/abk

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