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Le premier ministre par intérim de l'Égypte annonce la démission du cabinet

24/02/2014 07:39 EST | Actualisé 26/04/2014 05:12 EDT

LE CAIRE, Égypte - Le premier ministre par intérim de l'Égypte, Hazem el-Beblaoui, a annoncé lundi la démission de son cabinet.

Cette décision étonnante pourrait permettre au chef de l'armée de quitter son poste de ministre de la Défense pour briguer la présidence.

Les membres du gouvernement avaient prêté serment le 16 juillet, moins de deux semaines après que le ministre de la Défense, le feld-maréchal Abdel-Fattah el-Sissi, eut renversé le président islamiste Mohammed Morsi, après une année de mandat.

Les ministres égyptiens demeureront en poste sur une base intérimaire, en attendant que le président demande à un premier ministre de former un nouveau gouvernement.

La démission du gouvernement a été annoncée en direct à la télévision par M. el-Beblaoui. Elle est survenue dans la foulée de grèves, dont celle des travailleurs des transports publics et des éboueurs. Une pénurie importante de gaz pour la cuisson défraie aussi les manchettes depuis quelques jours.

Le système politique égyptien place la majorité des pouvoirs entre les mains du président. Le premier ministre gère habituellement l'économie sur une base quotidienne, mais n'a pas d'emprise sur les principales politiques. Sous l'ancien président Hosni Moubarak, qui a gouverné le pays pendant près de 30 ans, le premier ministre servait fréquemment de bouc-émissaire pour les problèmes du gouvernement.

On ignore si M. el-Beblaoui restera à la tête d'un nouveau gouvernement ou s'il cédera sa place à un nouveau premier ministre. Des médias égyptiens rapportent qu'il compte remanier son gouvernement mais demeurer en poste.

M. el-Beblaoui a indiqué que le cabinet a décidé de démissionner lors de sa rencontre hebdomadaire, lundi, mais il n'a pas fourni plus de détails. Il a souvent été raillé dans les médias pour son indécision et son incapacité à s'attaquer efficacement aux problèmes économiques du pays. On lui reproche aussi l'incapacité des forces de l'ordre à empêcher des militants fidèles à M. Morsi ou aux Frères musulmans de commettre des attentats terroristes spectaculaires.

Concernant la multitude de grèves qui frappent le pays, le premier ministre sortant a prévenu que le moment est mal choisi pour formuler des demandes. «Nous devons sacrifier nos intérêts personnels pour le bienfait de la nation», a-t-il dit.

Le feld-maréchal el-Sissi ne devrait pas faire partie du nouveau gouvernement, ce qui lui permettra ensuite d'annoncer sa candidature aux prochaines élections présidentielles. M. el-Sissi peut déjà compter sur l'appui de la principale instance militaire du pays, le Conseil suprême des forces armées.

Il s'est aussi rendu à Moscou plus tôt ce mois-ci, où le président Vladimir Poutine lui a souhaité la meilleure des chances pour ses ambitions politiques.

Le feld-maréchal el-Soussi était pratiquement inconnu du public avant d'être nommé ministre de la Défense. Il jouit maintenant d'une très forte popularité auprès de vastes segments de la population égyptienne.

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