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La légitimité des organes du pouvoir en Ukraine suscite "de sérieux doutes" (Medvedev)

24/02/2014 08:01 EST | Actualisé 26/04/2014 05:12 EDT

La légitimité des organes du pouvoir en Ukraine, où le président Viktor Ianoukovitch a été destitué samedi et un président par intérim nommé en remplacement, suscite "de sérieux doutes", a estimé lundi le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev.

"Strictement parlant, aujourd'hui nous n'avons personne avec qui parler. La légitimité de toute une série d'organes du pouvoir là-bas suscite de sérieux doutes", a-t-il dit, cité par les agences russes.

"Si on considère que des gens qui se baladent dans Kiev en masques noirs et avec des kalachnikovs sont le gouvernement, alors il nous sera difficile de travailler avec un tel gouvernement", a-t-il ajouté.

Le Premier ministre a, par ailleurs, fustigé l'attitude des Occidentaux face au nouveau pouvoir, jugeant que le reconnaître était une "aberration".

"Certains de nos partenaires occidentaux considèrent qu'il est légitime. Je ne sais pas quelle Constitution ils ont lue, mais il me semble que c'est une aberration de considérer comme légitime ce qui est en fait le résultat d'une révolte", a-t-il dit.

L'Union européenne, la Pologne, la France et l'Allemagne, ainsi que les Etats-Unis ont reconnu les décisions du Parlement ukrainien qui a destitué M. Ianoukovitch et élu un président par intérim.

Les déclarations de M. Medvedev sont la première réaction publique d'un dirigeant russe à l'arrivée au pouvoir de l'opposition.

Concernant les accords économiques signés entre l'Ukraine et la Russie, il a indiqué qu'ils seraient mis en oeuvre, tout en émettant des nuances et évoquant seulement des accords "juridiquement contraignants".

"Les accords qui sont juridiquement contraignants seront exécutés. Nous ne coopérons pas avec des gens concrets, des personnalités concrètes, il s'agit de relations entre gouvernements", a-t-il déclaré.

"Nous sommes des voisins, des Etats proches et nous ne pouvons pas faire l'un sans l'autre", a-t-il souligné.

Evoquant l'accord sur le gaz signé en décembre et qui prévoit une forte baisse des prix du gaz vendu par Moscou à Kiev, M. Medvedev a utilisé une formule équivoque.

"Les décisions dans le domaine gazier qui ont été prises ont des délais concrets de mise en oeuvre. Ce qu'il adviendra une fois que ces délais auront expiré sera à discuter avec les dirigeants des entreprises ukrainiennes et le gouvernement ukrainien, si un jour il y en a un", a-t-il dit.

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