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Equateur: victoire de l'opposition confirmée dans les grandes villes au grand dam de Correa

24/02/2014 11:34 EST | Actualisé 26/04/2014 05:12 EDT

L'opposition équatorienne a remporté les trois grandes villes, dont Quito, aux élections locales de dimanche, ont confirmé lundi les résultats officiels partiels. Un camouflet pour le président Rafael Correa qui a admis avoir subi un "revers" et évoqué un "danger".

Le président socialiste avait déjà reconnu dès dimanche soir avoir subi un "douloureux revers", après la victoire de la droite dans la capitale, ainsi que dans les localités de Guyaquil (sud-ouest) et Cuenca (sud), annoncée par des sondages effectués à la sortie des bureaux de vote.

"Ce qui s'est passé à Quito est douloureux et dangereux", a commenté M. Correa, tout en estimant "bon d'avoir reçu cette secousse". "Nous étions probablement endormis sur nos lauriers", a ajouté le chef de l'Etat, qui avait brandi la menace d'incidents en cas de défaite dans la capitale, opérant un parallèle avec la crise au Venezuela, dont il est un proche allié.

A Quito, Mauricio Rodas, un jeune avocat de 39 ans, a devancé avec 58% des voix le maire sortant Augusto Barrera, un proche de M. Correa, selon les résultats partiels diffusés par le Conseil national électoral et portant sur 59% des bulletins.

"Je ne connais pas Mauricio Rodas mais je connais les gens derrière lui et ces gens sont en train de compter les jours avant la chute du gouvernement", a encore averti le chef de l'Etat. Selon lui, "ils n'hésiteraient pas à tirer sur le président. Ils sont en contact direct avec la droite fascite au Venezuela".

A Guayaquil, seconde ville et important port industriel, l'opposition a conservé facilement son bastion, Jaime Nebot se maintenant dans son fauteuil avec 63% des voix, selon les résultats partiels. A Cuenca, l'opposition a gagné avec une marge plus étroite, réalisant un score de 44%.

Ces résultats constituent le principal revers électoral enregistré par le président Correa, une des figures de la gauche en Amérique latine, qui était invaincu dans les urnes depuis son arrivée au pouvoir en 2007. Toutefois, M. Correa a refusé de parlé d'"échec" pour son parti Alianza Pais, qui gouvernait jusqu'à présent, seul ou avec des alliances, la majorité des 221 municipalités, dont la capitale.

Réélu l'an dernier pour un dernier mandat de quatre ans, la Constitution empêchant une nouvelle candidature, le président équatorien, en guerre ouverte avec les médias privés et les milieux d'affaires, s'était personnellement investi dans la campagne, affirmant que sa "révolution citoyenne" était "en jeu".

Autre souci pour le chef de l'Etat, l'opposition est également en tête, selon les résultats partiels, dans les régions amazoniennes, où les projets pétroliers et miniers du gouvernement suscitent une forte résistance de la part de communautés indigènes.

Les résultats officiels définitifs devraient être connus dans les prochains jours.

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