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Nouvelle plainte en France visant un responsable marocain

23/02/2014 03:16 EST | Actualisé 25/04/2014 05:12 EDT

Une nouvelle plainte a été déposée en France contre le patron du contre-espionnage marocain, la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), Abdellatif Hammouchi, cette fois pour "torture", a-t-on appris dimanche auprès de l'avocat du plaignant.

Les relations franco-marocaines ont subi en fin de semaine un sérieux coup de froid après une descente de police chez l'ambassadeur du Maroc à Paris pour notifier à M. Hammouchi, de passage en France pour accompagner le ministre marocain de l'Intérieur, une convocation émanant d'un juge d'instruction dans le cadre de deux précédentes plaintes pour complicité de torture, déposées en France et soutenues par l'ONG Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (Acat).

Rabat a répliqué en convoquant vendredi l'ambassadeur de France "pour lui signifier la protestation vigoureuse du royaume du Maroc", et le ministère français des Affaires étrangères a déploré samedi un "incident regrettable".

Rabat rejette "catégoriquement" les accusations contre M. Hammouchi, les jugeant "sans fondement". D'après l'ambassade du Maroc à Paris, les cas évoqués par l'ONG "concernent des affaires dans lesquelles la DGST, conformément à ses attributions, n'a été nullement et de quelque manière que ce soit concernée".

Une troisième plainte visant le directeur de la DGST a été déposée vendredi au nom de l'ancien champion de boxe light-contact Zakaria Moumni, a indiqué à l'AFP l'avocat de celui-ci, Patrick Baudoin, également président d'honneur de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'Homme.

Cette plainte, déposée au pôle génocide et crimes contre l'humanité du tribunal de grande instance de Paris, vise directement des faits de torture, M. Moumni affirmant avoir "aperçu (M. Hammouchi) lors d'une des séances" de sévices qu'il dit avoir subies au centre de détention de Temara, dépendant de la DGST, a précisé Me Baudoin.

M. Moumni avait été arrêté en septembre 2010 à son arrivée au Maroc de France, où il réside. Il affirme avoir signé sous la torture les aveux selon lesquels il aurait soutiré à deux Marocains 1.200 euros, en échange de la promesse de leur trouver du travail en Europe. Condamné à 30 mois de prison en appel, il avait été libéré en février 2012 après 17 mois de détention, à la suite d'une grâce du roi Mohammed VI.

Plusieurs ONG avaient qualifié son procès d'"inéquitable" et son épouse française, Taline, a toujours affirmé qu'il avait été condamné pour avoir "dénoncé la corruption au sein de la fédération marocaine de boxe" et réclamé "un poste de conseiller sportif" dans l'administration, "auquel il avait droit en application d'un décret royal de 1967", ce que le gouvernement contestait.

La plainte en France se base sur le principe de "compétence universelle" applicable à la convention internationale contre la torture, à partir du moment où la personne visée se trouve en France.

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