NOUVELLES

Les talibans tuent 20 soldats afghans, en enlèvent 7 (gouverneur)

23/02/2014 01:23 EST | Actualisé 24/04/2014 05:12 EDT

Les talibans ont attaqué dimanche à l'aube un poste de l'armée afghane dans une province frontalière du Pakistan, tuant 20 soldats, l'attaque la plus meurtrière contre l'armée afghane depuis plusieurs mois.

Le président Hamid Karzaï a condamné l'attaque et reporté son départ prévu dans la journée pour le Sri Lanka.

Les talibans ont fait prisonniers sept soldats qu'ils ont emmenés avec eux après l'assaut mené dans le district de Ghaziabad appartenant à la province de Kounar (est), a déclaré à l'AFP le gouverneur, Shujah-Ul Mulk Jalala.

Les insurgés ont bénéficié de la complicité de "certains" soldats, a-t-il dit.

Des forces supplémentaires ont été envoyées sur place et l'armée a lancé une opération pour tenter de récupérer les soldats enlevés, a précisé un responsable du ministère de la Défense à Kaboul.

Les talibans ont lancé une attaque suicide contre les renforts qui ont aussi essuyé des tirs, mais aucun soldat n'a été blessé, a-t-on ajouté de même source.

Les talibans ont revendiqué l'attaque dans un SMS envoyé à des journalistes : "Les moujahidine ont pris un avant-poste stratégique de l'ennemi lors d'un assaut la nuit dernière à Ghaziabad".

L'Afghanistan est entrée dans une période d'incertitudes à l'approche du retrait de la cinquantaine de milliers de soldats de la force de l'Otan d'ici à la fin de l'année. Ce retrait fait craindre une flambée de violences dans le pays. Ce départ s'effectue de surcroît dans un contexte politique sensible, avec une élection présidentielle prévue le 5 avril prochain.

Les Etats-Unis souhaitent maintenir des troupes en Afghanistan après 2014 mais le président Hamid Karzaï refuse à ce jour de signer l'accord bilatéral de sécurité (BSA) encadrant leur présence dans le pays après 2014.

Le président Hamid Karzaï a de nouveau exhorté le Pakistan dimanche à soutenir les efforts de Kaboul dans sa lutte contre les insurgés talibans, qu'il accuse Islamabad d'abriter à sa frontière, selon son porte-parole Aimal Faizi.

"Le président Karzaï rappelle une nouvelle fois au gouvernement pakistanais que le terrorisme est une grave menace contre nos deux pays et demande au Pakistan de coopérer avec sérieux et détermination avec le gouvernement afghan", a-t-il dit.

Le Pakistan doit "prendre des mesures résolues pour éliminer les repaires terroristes" au Pakistan, a-t-il ajouté.

Le Pakistan est historiquement lié aux talibans, qu'il avait aidés en sous main à prendre le pouvoir à Kaboul en 1996. Et nombre d'entre eux se sont réfugiés chez lui après 2001.

Mais aujourd'hui, Islamabad, échaudé par la sanglante émergence de rebelles talibans pakistanais sur son sol, promet officiellement en Afghanistan "un processus de paix incluant toutes les factions", sans favoritisme. Comme Kaboul, et comme les "talibans modérés".

Mais une partie des services secrets pakistanais restent accusés de tout faire pour garder le contrôle du mouvement taliban afghan pour défendre leurs intérêts en Afghanistan.

Quant aux tentatives de pourparlers de paix directs avec les rebelles talibans, auxquelles ont pris part les États-Unis, elles n'ont pour l'instant débouché sur aucun résultat concret.

str-sak/ia/gab/jh

PLUS:hp