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Le triplé russe au 50 km n'est pas une surprise, estime Alex Harvey

23/02/2014 04:17 EST | Actualisé 24/04/2014 05:12 EDT

KRASNAÏA POLIANA, Russie - Pendant qu'Alex Harvey tentait de rattraper le temps perdu en raison d'une chute, Alexander Legkov a mené un triplé russe à l'occasion de l'épreuve du 50 km départ groupé, dimanche, au complexe de ski de fond Laura.

Legkov, qui a été l'un des principaux animateurs du marathon sur neige disputé lors de la dernière journée des Jeux olympiques de Sotchi, est devenu le premier Russe à remporter une épreuve de ski de fond au cours de l'actuelle quinzaine olympique. Il a été accompagné sur le podium par ses compatriotes Maxim Vylegzhanin et Ilia Chernousov, qui ont obtenu l'argent et le bronze, respectivement.

La Suède avait été le dernier pays à réaliser un triplé dans cette discipline à des Jeux, en 1936 à Garmisch-Partenkirchen.

Martin Johnsrud Sundby menaçait de briser le monopole, dimanche, quand il a été dépassé dans le dernier virage par Chernousov. Le Norvégien a dû se contenter de la quatrième place, à une seconde du temps d'une heure, 46 minutes et 55,2 secondes de Legkov.

Après avoir obtenu le meilleur résultat canadien de la journée avec une 19e place, à 45,7 secondes du vainqueur, Harvey s'est dit peu surpris de voir les Russes réaliser un triplé.

«Ils ont construit ce parcours-là pour les Russes, a déclaré l'athlète de Saint-Ferréol-les-Neiges, qui a fini un rang devant son compatriote Ivan Babikov. Avec une montée comme celle-là, longue de 2 km environ et qui dure quatre à cinq minutes sans pause... Après 48 kilomètres et demi, c'est difficile.

«Ça tombait comme des mouches dans le dernier kilomètre, a d'ailleurs fait remarquer Harvey. Ivan et moi, on a rattrapé trois ou quatre gars, dont (Tord Asle) Gjerdalen, un des meilleurs grimpeurs norvégiens.»

Lorsqu'on lui a demandé pourquoi une telle montée est si propice aux Russes, Harvey n'a pas répondu... puis il l'a fait par la bande.

«Je ne commenterai pas là-dessus», a-t-il dit, avant d'enchaîner aussitôt en lançant que «l'Autrichien qui s'est fait prendre, ce matin, aurait été bon en maudit dans cette course-là».

Harvey faisait allusion au fondeur autrichien Johannes Duerr, dont la suspension des Jeux de Sotchi a été annoncée dimanche après qu'il eut subi un test positif à l'EPO.

Tout comme son père Pierre Harvey, qui a souvent dû se battre à armes inégales contre des athlètes dopés à l'époque où il était fondeur, Alex Harvey est sensible à la cause antidopage. C'est pourquoi il s'est réjoui que l'Agence mondiale antidopage n'ait pas hésité à sanctionner Duerr, qui a terminé troisième au récent Tour de ski.

«Je considère ça comme un bon signe, a dit le Québécois de 25 ans. S'ils prennent du monde en défaut, ça veut dire qu'il n'y a pas trop de corruption et que le dopage n'est pas trop en avance sur les méthodes de dépistage.»

Harvey a louangé l'AMA, alors que celle-ci a réagi vite quand Duerr a décidé se retourner chez lui en Autriche pendant les Jeux de Sotchi.

«Il a fait le (skiathlon de) 30 km ici, puis il est retourné chez lui en Autriche et il s'est fait tester chez lui il y a cinq jours, a fait savoir Harvey. On sait que les athlètes doivent toujours dire où ils se trouvent, et l'AMA a dû se dire 'Un instant, il part de la Russie et il se paie trois heures de décalage? On va le tester par surprise!' Il ne devait pas penser qu'il allait se faire tester.

«Ils ont réagi vite. C'est encourageant», a souligné Harvey.

Harvey espérait un résultat encourageant, dimanche, et sans espérer un podium, il visait une place parmi les 10 premiers. Le plus souvent placé dans le peloton de tête entre les huitième et 20e places pendant la course, il a vu sa journée de travail être gâchée par une chute survenue à 2 km de la ligne d'arrivée.

«Un des bâtons de Noah Hoffman s'est cassé et quand il l'a changé pour un autre, il a foutu son bâton brisé dans la piste, comme tout le monde fait. Mais comme ses bâtons sont blancs, je ne l'ai pas vu, j'ai skié dessus et je suis tombé sur les fesses», a raconté Harvey, qui n'a pas été le seul malchanceux du jour puisque le Suisse Dario Cologna a vu ses chances d'obtenir une troisième médaille d'or à Sotchi s'évanouir en raison d'un ski qui s'est brisé à 2 km de la fin, alors qu'il était quatrième.

«J'ai bien fait ça aujourd'hui», a affirmé Harvey, dont la 19e place était le meilleur résultat par un fondeur canadien chez les hommes à un 50 km style libre disputé à des Jeux olympiques — Devon Kershaw avait fini cinquième au 50 km des Jeux de 2010, en style classique.

«Je suis vraiment content d'avoir bien skié techniquement. J'avais vraiment des bons skis dans les descentes et j'étais fluide dans les montées, où je pouvais me permettre d'économiser mes énergies. Malheureusement, en raison de ma chute et du retard que j'ai dû rattraper, j'ai été obligé de puiser plus tôt que prévu dans l'énergie que je m'étais gardée.»

Babikov a terminé 20e à 46,6 secondes d'écart, tandis que l'Albertain de 24 ans Graeme Killick a fini par les 30 premiers pour la première fois de sa carrière chez les seniors, toutes compétitions d'envergure mondiale confondues, avec une 28e place à 1:27,2. Jesse Cockney a conclu en 56e position, à 12:21,4 de la tête.

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