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Le fondeur autrichien Johannes Duerr est exclu après un test positif à l'EPO

23/02/2014 02:08 EST | Actualisé 24/04/2014 05:12 EDT

KRASNAÏA POLIANA, Russie - Dans ce qui s'est avéré le cinquième cas de dopage depuis le début des Jeux olympiques de Sotchi, le fondeur autrichien Johannes Duerr a été suspendu, dimanche, après avoir subi un test positif à l'EPO.

«Il s'agit d'une journée sombre pour nous», a laissé tomber le président du Comité olympique autrichien, Karl Stoss, lors d'une conférence de presse tenue lors de la dernière journée des Jeux de Sotchi.

Duerr a terminé au huitième rang du skiathlon du 9 février, et a été soumis à un contrôle sept jours plus tard en Autriche, où il était retourné pour s'entraîner. Il était revenu à Sotchi et devait participer à l'épreuve du 50 km départ groupé dimanche.

«Nous sommes choqués par cette annonce, et nous avons immédiatement pris les mesures appropriées, a affirmé Stoss dans une déclaration officielle. Nous avons avisé l'athlète et nous l'avons informé de ses droits. Son accréditation lui a été retirée et il a été immédiatement exclu de l'équipe. Duerr est déjà en route vers le pays.»

À l'aéroport de Sotchi, Duerr était affligé de remords. À la télévision autrichienne, il a déclaré qu'il ne pouvait rien faire d'autre «que d'offrir ses excuses à tout le monde».

«Tant de gens ont fait tout leur possible pour m'aider et je viens de les décevoir avec ma bêtise, a-t-il reconnu, tout en ajoutant ne pas savoir ce qui l'attend.

«Je n'ai pas peur, a-t-il en chaîné. Dans un sens, je suis content que ce soit terminé... C'est le pire geste que j'ai posé dans ma vie. C'est très, très difficile. Ce n'est pas quelque chose que vous pouvez expliquer avec trois phrases.»

L'EPO permet d'augmenter le nombre de globules rouges qui transportent l'oxygène vers les muscles, dans le but d'accroître la résistance et l'endurance.

Au total, six cas de dopage ont été répertoriés jusqu'ici aux JO de Sotchi. Le joueur de hockey suédois Nicklas Backstrom a été le plus récent puisque le Comité olympique suédois a indiqué à l'issue de la finale de hockey masculin qu'il avait échoué un test antidopage pour une substance interdite se trouvant dans un médicament contre les allergies. Les quatre autres cas de dopage étaient tous liés à la consommation de stimulants qui peuvent se retrouver dans des suppléments alimentaires.

On ignore pour l'instant si Backstrom pourra obtenir sa médaille d'argent. Des cinq autres athlètes reconnus pour dopage positif, aucun n'a gagné de médaille à Sotchi. Outre Duerr et Backstrom, les quatre autres fautifs sont le hockeyeur letton Vitalijs Pavlovs, la fondeuse ukrainienne Marina Lisogor, la biathlète allemande Evi Sachenbacher-Stehle et le bobbeur italien William Frullani.

Les équipes autrichiennes de ski de fond et de biathlon se sont retrouvées au coeur d'un important scandale de dopage aux Jeux olympiques de Turin, en 2006. Après avoir obtenu des informations privilégiées, la police italienne a mené une descente aux installations de l'équipe, saisissant de l'équipement facilitant le dopage sanguin ainsi que d'autres substances.

Aucun athlète autrichien n'avait subi un test positif lors de ces Jeux, mais plusieurs ont plus tard été suspendus à vie par la Comité international olympique.

Duerr, qui est âgé de 26 ans, représentait l'un des plus beaux espoirs de l'Autriche dans la foulée du scandale des Jeux de Turin.

«Nous avons appliqué toutes les mesures nécessaires, et c'est très dommage que nous ayons ce cas de dopage, après toutes les participations marquées de succès de l'équipe de l'Autriche, a mentionné Stoss, en guise de réponse de la délégation autrichienne aux événements de Turin. Nous allons faire tout le nécessaire pour empêcher que cela se reproduise dans le futur, mais bien sûr, nous ne pouvons pas dire qu'il n'y en aura plus.»

Ce test positif à l'EPO survient alors que l'Autriche comptait une récolte de 17 médailles à l'aube de la dernière journée de compétition.

«Notre équipe a réalisé du très bon travail, a noté Stoss. L'athlète a lui-même avoué être le seul à avoir posé ce geste, et il en assume l'entière responsabilité.»

Le CIO effectue 2453 tests anti-dopage à Sotchi, un record dans l'histoire des Jeux olympiques d'hiver. L'organisme conserve les échantillons pendant dix ans afin de permettre de nouveaux tests lorsque de nouvelles méthodes deviennent disponibles.

Les Jeux de Vancouver, il y a quatre ans, n'avaient été entachés que par un seul test positif. Selon Thomas Bach, président du Comité international olympique, le nouveau système de tests anti-dopage fonctionne et permet de prendre les fautifs en flagrant délit.

«À mes yeux, ça n'a jamais été une question de nombre et de combien, a déclaré Bach dans une entrevue accordée à l'Associated Press, samedi. Je pense que ça démontre que nous sommes sur la bonne voie.»

Précédemment, Pavlovs avait subi un test positif au methylhexanamine à la suite de la défaite de la Lettonie aux mains d'Équipe Canada en quarts de finale du tournoi de hockey masculin, jeudi.

La biathlète Sachenbacher-Stehle, une ancienne double médaillée d'or olympique, a testé positif au même produit. Elle a imputé son test positif à la consommation d'un supplément alimentaire et affirme n'avoir jamais volontairement fait usage de produits visant à améliorer les performances.

Lisogor a subi un test positif à la trimétazidine, mardi, après l'épreuve de sprint féminin par équipe. Elle a expliqué avoir pris un médicament pour traiter un problème de la glande thyroïde, mais qu'elle a «oublié d'inscrire» le médicament sur le formulaire de contrôle de dopage.

Quant à Frullani, il a subi un test positif au dimethylpentylamine. Le Comité olympique italien croit que Frullani s'est procuré ce stimulant aux États-Unis, via internet, puisque ce produit n'est pas disponible en Italie.

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