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La justice russe doit énoncer les peines de huit manifestants anti-Poutine

23/02/2014 10:00 EST | Actualisé 25/04/2014 05:12 EDT

Un tribunal de Moscou doit prononcer lundi les peines de huit opposants jugés coupables de violences lors d'une manifestation anti-Poutine en 2012 et passibles de 5 à 6 ans de camp, une affaire dénoncée par l'opposition.

Les huit prévenus - Andreï Barabanov, Stepan Zimine, Denis Loutskevitch, Iaroslav Belooussov, Artem Savelov, Sergueï Krivov, Alexandra Doukhanina et Alexeï Polikhovitch - ont été jugés coupables vendredi dernier d'avoir participé à des "troubles massifs" et de "violences envers les forces de l'ordre" lors d'une manifestation le 6 mai 2012.

Près de mille personnes, parmi lesquels des opposants renommés comme les deux jeunes femmes du groupe Pussy Riot ou Alexeï Navalny, s'étaient rassemblées vendredi devant le tribunal Zamoskvorestki de Moscou pour soutenir les prévenus, mais l'énoncé des peines avait été reporté à lundi, sans plus d'explications.

Lors des plaidoiries, le Parquet avait requis entre cinq et six ans de détention.

Environ 200 personnes ont été interpellées vendredi pour trouble à l'ordre public lors du rassemblement de soutien devant le tribunal.

- Mesures de sécurité renforcées -

Lundi, les mesures de sécurité aux alentours du bâtiment étaient nettement renforcées. Toutes les rues menant au tribunal étaient bloquées, des unités du ministère de l'Intérieur ont été dépêchées sur les lieux et une quinzaine de fourgons de police étaient stationnés non loin.

Une trentaine de personnes au total ont été inculpées dans l'"affaire Bolotnaïa", du nom de la place du "marais" au centre de la capitale russe, où avait dégénéré une manifestation le 6 mai 2012 contre l'investiture le lendemain de Vladimir Poutine pour un troisième mandat de président.

Certains l'ont été pour avoir jeté des bouteilles en plastique sur des policiers, d'autres pour avoir renversé des cabines de toilettes publiques ou résisté aux forces de l'ordre.

Selon le code pénal russe, la notion de "troubles massifs" signifie "atteinte à l'ordre public par une foule, incendie volontaire, destruction de biens, utilisation d'armes à feu, d'explosifs".

Il n'y a cependant eu ni morts ni blessés graves ni coups de feu ou incendie volontaire au cours de cette manifestation.

Le Parquet affirme que 82 policiers ont été blessés au cours des affrontements dont l'origine reste controversée, l'opposition accusant les forces de l'ordre d'avoir provoqué les manifestants pour justifier un tour de vis contre toute velléité de contestation. Des dizaines de manifestants avaient également été blessés.

- Appel au rassemblement -

Dans le cadre de cette affaire, deux opposants -- qui avaient reconnu leur culpabilité -- ont été condamnés à quatre ans et demi et deux ans et demi de camp de travail, et dix autres ont été amnistiés en décembre.

Quatre autres attendent encore le début de leur procès.

L'opposition a appelé à un rassemblement sur la place du Manège, située près du Kremlin, après l'énoncé des peines.

La plupart des inculpés sont des citoyens ordinaires qui n'appartiennent à aucun mouvement politique, tel Iaroslav Belooussov, étudiant en sciences politiques à la prestigieuse université d'Etat de Moscou.

L'affaire Bolotnaïa implique également le dirigeant du Front de gauche Sergueï Oudaltsov, qui est, lui, poursuivi pour avoir selon l'accusation, organisé des troubles massifs, un crime passible de 10 ans de camp.

Son procès, ainsi que celui d'un de ses proches, Leonid Razvozjaev, s'est ouvert la semaine dernière à Moscou. Le leader du Front de gauche a dénoncé devant le tribunal des accusations "fabriquées de toutes pièces" et visant à "neutraliser les opposants les plus actifs" contre Vladimir Poutine.

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