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Niger/ Areva: plusieurs arrestations lors d'une manifestation à Agadez (nord)

22/02/2014 08:24 EST | Actualisé 24/04/2014 05:12 EDT

Une vingtaine de personnes ont été interpelées vendredi à Agadez, dans le nord du Niger, lors d'une manifestation d'ONG protestant contre l'interdiction de précédents rassemblements, notamment contre la société Areva, a-t-on appris samedi de sources concordantes.

Areva, groupe public français et géant du nucléaire, exploite depuis plus de 40 ans l'uranium dans la zone d'Agadez (nord).

"Nous avons profité de l'arrivée de la première Dame (Malika Issoufou) pour nous faire entendre, après plusieurs refus des autorités de nous laisser manifester pacifiquement", a déclaré à l'AFP El Kontchi Mohamed Aoutchiki, un des dirigeants du Collectif pour le renouveau et l'innovation (CRI), créé en décembre par une quinzaine d'ONG basées dans le Nord.

La première Dame du Niger, Malika Issoufou, est arrivée vendredi dans cette grande ville du Nord, pour participer à un festival dans la localité touareg d'Iférouane.

"Plusieurs jeunes ont manifesté à travers Agadez et ont brûlé des pneus à certains endroits de la ville", a affirmé un caméraman indépendant joint samedi par l'AFP au téléphone.

Une vingtaine de personnes ont été arrêtées au cours de cette manifestation, a précisé M. Aoutchiki.

A l'occasion d'une de ses manifestations interdites, le 30 janvier, le CRI voulait dénoncer notamment "le refus" d'Areva de se soumettre à la nouvelle loi minière de 2006 et réclamer "une meilleure redistribution à la population des redevances" tirées de l'uranium exploitée dans la zone par le géant du nucléaire et une société chinoise.

Areva et l'Etat nigérien sont depuis des mois en intenses discussions pour prolonger les contrats d'exploitation de deux mines d'uranium dans le nord du pays, la Somaïr et la Cominak, arrivés à échéance le 31 décembre 2013.

Le bras de fer porte principalement sur les recettes de l'Etat nigérien, qui souhaite soumettre à une loi minière de 2006 les deux mines exploitées depuis le début des années 1970. Cette loi supprime des exonérations fiscales et relève le taux de redevance minière, mais Areva refuse son application.

Cette mesure compromettrait selon l'entreprise française la rentabilité de ses mines, dont elle extrait un tiers de son uranium, stratégique pour la France qui dépend largement de l'énergie nucléaire.

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