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Les partisans et les opposants de Maduro manifestent de nouveau au Venezuela

22/02/2014 09:35 EST | Actualisé 24/04/2014 05:12 EDT

CARACAS, Venezuela - Caracas a de nouveau été le théâtre de manifestations monstres, samedi, alors que des partisans et des opposants du président vénézuélien Nicolas Maduro sont une fois de plus descendus dans les rues.

Depuis deux semaines, d'imposants rassemblements sont pilotés par une opposition de plus en plus organisée et militante que le président Maduro tente d'écraser.

Samedi, ils étaient des dizaines de milliers à occuper plusieurs pâtés de maisons dans la capitale pour dénoncer les politiques du gouvernement de Nicolas Maduro, qui est aux commandes de l'État depuis 10 mois. Il s'agissait du plus grand rassemblement de l'opposition depuis le début du mouvement de contestation, le 12 février.

À l'autre bout de la ville, au palais présidentiel, M. Maduro s'est adressé à une foule beaucoup moins imposante formée principalement de femmes vêtues de rouge, la couleur du parti socialiste.

Ces deux rassemblements sont survenus à la fin d'une semaine marquée par la violence durant laquelle Leopoldo Lopez, l'un des chefs de l'opposition, de même que des dizaines de militants étudiants, ont été arrêtés.

Au cours de la manifestation anti-gouvernementale de samedi, qui s'est déroulée dans l'est de Caracas, l'ancien candidat présidentiel Henrique Capriles a exhorté les manifestants à continuer d'exercer de la pression sur le gouvernement pour qu'il apporte des solutions aux problèmes du pays, de la hausse du taux de criminalité à l'inflation galopante, qui s'élève à 56 pour cent.

«Si tu n'es pas capable, alors il est temps de quitter», a-t-il dit en s'adressant au président Maduro.

M. Capriles a souvent critiqué la stratégie de Leopoldo Lopez d'occuper les rues sans toutefois réussir à étendre la contestation au-delà de la classe moyenne. Il a toutefois minimisé ces différences, samedi. Rappelant sa propre détention pendant quatre mois en 2002 dans la même prison militaire où M. Lopez est détenu, il a juré qu'il se battrait pour sa libération.

«Nous avons nos divergences, mais il y a quelque chose de plus grand que nous qui nous unit: c'est le Venezuela», a-t-il lancé à la foule en liesse alors que la femme de M. Lopez, Lilian Tintori, était à ses côtés.

Au palais présidentiel, les partisanes du gouvernement ont dansé dans les rues en arborant des photos de l'ancien président Hugo Chavez.

La première dame, Cilia Flores, a mis en garde l'audience contre ce qu'elle considère être une tentative de l'opposition pour entraîner le pays dans la violence afin de créer un climat favorable à un renversement de gouvernement comme ce fut le cas en Ukraine au cours des derniers jours.

«Le Venezuela n'est pas l'Ukraine, a-t-elle déclaré lors de l'un de ses rares discours publics. Les fascistes de droite n'arriveront pas à s'imposer.»

Nicolas Maduro a pour sa part indiqué que les forces de l'ordre demeureraient dans les rues jusqu'à ce que l'opposition décide de tourner le dos à la violence et accepte son invitation au dialogue.

«Ce président élu, le fils de Chavez, va continuer à protéger sa population», a-t-il soutenu en montrant ce qu'il a décrit comme étant un engin explosif utilisé par les manifestants.

Les heurts ont fait au moins 10 morts et plus d'une centaine de blessés parmi les manifestants anti-gouvernementaux et les pro-Maduro depuis le début des troubles.

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