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Giroux aurait souhaité terminer sa carrière ailleurs qu'au pied du podium

22/02/2014 01:00 EST | Actualisé 24/04/2014 05:12 EDT

SOTCHI, Russie - Mathieu Giroux avait les yeux humides quand il s'est présenté dans la zone mixte de l'aréna Adler en compagnie de Lucas Makowsky et de Denny Morrison, ses deux partenaires en poursuite. Et pour cause: le trio venait tout juste de terminer au pied du podium à la dernière journée de compétition en longue piste aux Jeux olympiques de Sotchi.

Médaillé d'or à Vancouver, le trio a amorcé sa course pour le bronze en force face à la Pologne, se bâtissant une avance de plus de deux secondes à la mi-course. Mais il a constamment perdu de la vitesse à compter du huitième intervalle pour finalement terminer l'épreuve en 3:44,27, à 2,33 secondes des Polonais (3:41,94).

«Je voulais terminer ça sur une médaille, a dit Giroux, dernier patineur à mener le Canada. C’était quand même une bonne course, on a mieux utilisé notre vitesse au départ: on a gardé les tours sous 27 secondes jusqu’à cinq tours, après que Lucas ait lâché la tête. Dans les trois derniers tours, je me sentais bien, mais on a perdu trop de vitesse.»

«Je crois qu'on a commencé comme on l'avait prévu, a pour sa part analysé Morrison. Nous avions une nouvelle stratégie pour cette course et ça semblait bien fonctionner. J'ai trouvé que j'avais perdu de la vitesse sur mon deuxième passage en avant. Habituellement, j'ai quatre tours pour récupérer entre les deux et là, je n'en ai eu que trois. J'ai eu de la difficulté à garder le rythme vers la fin.»

«Je me sentais bien dans les derniers tours, mais je voyais notre avance fondre, a ajouté Giroux. Je voulais construire des virages forts, mais j’entendais Lucas crier qu’on perdait Denny, donc on n’avait pas le choix de ralentir...»

Certains ont accusé la Pologne d'avoir levé le pied en demi-finale, vendredi, contre les Néerlandais — trop puissants — afin de se garder du jus pour la médaille de bronze. Sans le dire ouvertement, les membres de l'équipe semblent penser la même chose.

«Tout ce que je dirai, c'est que je crois que nous avons exprimé notre fierté canadienne et notre esprit canadien dans notre demi-finale contre les Coréens, qui sont deuxièmes au monde, a dit Morrison. Nous savions qu'ils allaient avoir un bon temps et nous avons connu notre meilleure course. Nous n'avons pas pu les battre, mais nous avons tenté d'y aller pour l'or.»

«Nous n'allions pas baisser les bras en demi-finale, aussi difficile qu'elle allait être, a ajouté Makowsky. Ce n'est pas de cette façon que nous abordons nos courses. C'est tout ce qu'on peut vraiment dire. À Vancouver, on a eu trois courses solides en route vers la finale. Nous sommes de fiers compétiteurs et c'est la route que nous allions emprunter ici. C'est ce que nous avons fait: nous avons donné le meilleur de nous-mêmes.»

La «vraie vie» au tournant

Giroux n'aura pas le temps de ruminer cette course très longtemps: dès la semaine prochaine, il entre «dans la vraie vie», comme il le dit, en entreprenant un stage en pharmacie. Puis, en mai prochain, sa fiancée et lui se marieront. Il ne réalise pas pleinement qu'il vient tout juste de mettre fin à une carrière de 24 ans en patinage de vitesse.

«Oui et non. De la façon que j’ai construit mon après-carrière, ça va aller assez vite. Je n’aurai pas le temps de m’en rendre compte. Mais j’aurais aimé partir d’ici avec une médaille.»

Ce sont des JO bien décevants pour l'équipe canadienne de patinage de vitesse en longue piste, qui n'a remporté que deux médailles, celles de Morrison. Comparativement aux cinq des Jeux de Vancouver et huit recueillies en Italie, en 2006, c'est un résultat bien en deçà des attentes.

«Chez les hommes, on a de quoi être satisfaits, même si on a perdu celle-là. Mais à l’individuel, on n’avait pas gagné depuis un bout, donc on est satisfait avec les deux médailles de Denny. Chez les dames, il y a un changement de garde avec Clara (Hughes) et Kristina (Groves) qu’on a perdues sur les longues distances. (Christine) Nesbitt n’a pas connu des bons Jeux; c'est une année décevante pour elle. C’est peut-être plus du côté féminin qu’on n’a pas eu les résultats qu’on attendait.»

Les dames ont tout de même terminé sur une notre positive: Ivanie Blondin, Kali Christ et Brittany Chussler ont remporté leur duel face aux Américaines pour conclure les Jeux de Sotchi au cinquième rang.

Les Néerlandais en feu

Un peu comme les Canadiens, les Néerlandais n'ont peut-être pas obtenu les résultats escomptés, mais dans leur cas, c'est qu'ils ont remporté plus de médailles que prévu.

Les Pays-Bas ont ajouté deux médailles d'or à leur impressionnant total en mettant la main sur les poursuites hommes et dames, samedi. Ils terminent les Jeux de Sotchi avec une récolte de 23 médailles à l'anneau de glace: huit d'or et de bronze, en plus de sept médailles d'argent. Des résultats qui surprennent même les journalistes néerlandais.

«C'est insensé! Probablement qu'à Pyeongchang, on ne terminera qu'avec quatre ou cinq, a dit l'une d'entre eux. Ça ne se peut pas d'en gagner autant!»

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