NOUVELLES

Uranium: Oxfam demande "la fin des pressions" d'Areva sur le Niger

21/02/2014 07:48 EST | Actualisé 23/04/2014 05:12 EDT

L'ONG Oxfam a indiqué vendredi avoir remis à la présidence française et à Areva une pétition portant près de 15.000 signatures demandant "la fin des pressions" du groupe nucléaire public français sur le Niger, avec qui il renégocie ses conventions dans des mines d'uranium.

Dans sa pétition en ligne, l'ONG dénonce le traitement favorable d'Areva au Niger, où le géant du nucléaire "a toujours bénéficié d'avantages fiscaux et est loin de payer tous les impôts qu'il doit".

Areva et l'Etat nigérien sont depuis des mois en intenses discussions pour prolonger les contrats d'exploitation de deux mines d'uranium dans le nord du pays, la Somaïr et la Cominak, arrivés à échéance le 31 décembre 2013.

Niamey comme la société civile les estiment défavorables à ce pays sahélien pauvre, pourtant quatrième producteur mondial d'uranium.

Le bras de fer porte principalement sur les recettes de l'Etat nigérien, qui souhaite soumettre à une loi minière de 2006 les deux mines exploitées depuis le début des années 1970.

Cette loi supprime des exonérations fiscales et relève le taux de redevance minière, mais Areva refuse son application. Cette mesure compromettrait selon l'entreprise française la rentabilité de ses mines, dont elle extrait un tiers de son uranium.

"La renégociation se déroule dans la plus grande opacité et l'entreprise fait pression sur le Niger pour maintenir des exemptions et avantages fiscaux", risquant de "priver le Niger de revenus essentiels dont sa population a cruellement besoin", dénonce encore Oxfam. "Il est urgent de faire cesser cette situation injuste!".

Areva a répliqué en faisant valoir que 82% des taxes et dividendes générés par les mines depuis leur création sont revenus à l'Etat du Niger, contre 15% à Areva.

"En 2013, 90% des revenus directs provenant des mines sont allés à l'Etat du Niger (70 millions d'euros) et 5% à Areva (3,8 millions d'euros)", a écrit le groupe dans une lettre signée par Olivier Wantz, patron de l'importante division minière d'Areva et dont l'AFP a obtenu une copie.

"Oxfam ne peut laisser penser que deux mines d'uranium pourraient seules asseoir la situation économique d'un pays de plus de 17 millions d'habitants", écrit-il. "La rente de l'uranium est un fantasme", assure le cadre dirigeant.

"L'idéologie ne peut nier la vérité des chiffres et du terrain", lance-t-il.

"L'objectif unique d'Areva dans le cadre des discussions pour le renouvellement des conventions minières est d'assurer la pérennité économique des deux mines, dans le plein respect du droit et dans un contexte de prix bas sur le marché de l'uranium", indique le groupe nucléaire.

mpa-map/fpo/nou/jlb

AREVA

PLUS:hp