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Ukraine: Standard & Poor's abaisse la note de solvabilité à "CCC"

21/02/2014 12:57 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT

L'agence d'évaluation financière Standard & Poor's a abaissé vendredi la note de l'Ukraine après les violences des derniers jours, qui risquent de remettre en cause l'aide financière russe et la solvabilité du pays.

La note du pays passe à "CCC", ce qui correspond à un pays proche du défaut de paiement, et est assortie d'une perspective négative, ce qui signifie que l'agence envisage un nouvel abaissement.

S&P explique sa décision par "la dégradation substantielle" de la situation, estimant qu'après les affrontements de ces derniers jours "un compromis politique est désormais hors d'atteinte".

"Nous pensons que cela accentue l'incertitude concernant le soutien financier de la Russie durant l'année 2014 et pose un risque croissant pour la capacité du gouvernement à payer ses dettes".

Après le refus fin novembre des autorités ukrainiennes de signer un accord de libre-échange avec l'Union européenne, Moscou a accordé à Kiev, au bord de la faillite, un crédit de 15 milliards de dollars et une baisse du prix du gaz importé correspondant à plusieurs milliards de dollars.

Après avoir versé trois milliards de dollars fin décembre, les autorités russes ont suspendu en janvier leur aide. Elles ont annulé à la dernière minute cette semaine le versement d'une tranche de deux milliards de dollars, expliquant attendre un retour au calme.

Si la Russie revenait sur son soutien, S&P estime que l'Ukraine, qui doit rembourser pour 13 milliards de dollars de dette cette année, ferait défaut.

Elle souligne que l'opposition actuelle est "moins soudée" que lors de la Révolution orange de 2004 qui avait porté des pro-occidentaux au pouvoir et "ne dispose pas de chef de file évident".

Les autorités ukrainiennes ont dépensé des milliards de dollars pour soutenir leur monnaie tout au long de l'an dernier, alors que le pays était en récession, et les réserves de devises ont atteint un niveau dangereusement faible.

La pression s'est accentuée avec la crise politique et la banque centrale a introduit des restrictions sur les mouvements de capitaux pour enrayer la dégringolade de la hryvnia.

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