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Nigeria: les autorités confisquent le passeport du patron déchu de la banque centrale (proche)

21/02/2014 05:51 EST | Actualisé 23/04/2014 05:12 EDT

Les autorités nigérianes ont saisi le passeport du gouverneur déchu de la banque centrale à son arrivée à l'aéroport international de Lagos, a déclaré vendredi Nasir El Rufai, un proche de M. Lamido Sanusi.

M. El Rufai, ancien ministre passé dans l'opposition, était à l'aéroport pour accueillir M. Sanusi à son retour du Niger jeudi vers 14h30 (13h30 GMT) quand les services de renseignement nigérians ont saisi le passeport de M. Sanusi, quelques heures après l'annonce de la suspension du gouverneur par le président Goodluck Jonathan.

"Nous avons passé les formalités d'immigration et les gens du département des services d'Etat (DSS) étaient là pour l'interpeller", a déclaré M. El Rufai à l'AFP.

"Ils ont ensuite dit à M. Sanusi qu'il pouvait quitter le terminal (...) mais qu'ils avaient reçu des instructions d'Abuja de garder son passeport" a-t-il ajouté, précisant que M. Sanusi n'avait pas récupéré son passeport quand il lui a parlé vendredi matin.

This Day, un des grands quotidiens nationaux nigérians, a également relayé l'information en une, citant des sources sécuritaires anonymes.

Mailyn Ogar, la porte-parole du DSS, n'était pas joignable vendredi matin.

Lamido Sanusi, dont le mandat à la tête de la banque centrale devait expirer en juin, a été suspendu jeudi par M. Jonathan pour avoir commis des "imprudences" et en matière de finance.

M. Sanusi est plongé au coeur d'une controverse depuis qu'il a demandé des comptes à la Société pétrolière nationale nigériane (NNPC) sur 20 milliards de dollars de fonds publics manquants.

L'action de M. Sanusi, qui a remis de l'ordre dans un secteur bancaire au bord de l'implosion et stabilisé la monnaie du pays le plus peuplé et plus gros producteur de pétrole d'Afrique, a été saluée par de nombreux économistes nigérians et étrangers.

Mais cela lui a valu, également, de puissants ennemis politiques.

M. Sanusi, qui se trouvait jeudi à Niamey pour une conférence régionale quand il a appris sa suspension a estimé que les reproches qui ont été formulés contre lui sont sans fondement.

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