NOUVELLES

Les conservateurs ont attaqué pour se venger, dit Andrew Leslie

21/02/2014 01:22 EST | Actualisé 23/04/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Les conservateurs ont lancé une «attaque partisane» contre l'ancien lieutenant-général Andrew Leslie par frustration de n'avoir pu le convaincre de joindre leurs rangs, a soutenu vendredi le principal intéressé.

«Bonjour, je m'appelle Andy et je suis un libéral», a lancé d'entrée de jeu l'ancien militaire au congrès biennal du Parti libéral du Canada (PLC), qui se tient à Montréal jusqu'à dimanche.

L'affirmation aurait pu se terminer autrement.

Andrew Leslie, qui a décidé de se lancer dans l'arène politique après 35 années passées au sein des Forces armées canadiennes, a soutenu dans son allocution que «plusieurs formations politiques et entreprises privées» l'avaient courtisé, mais que son choix s'était arrêté sur le PLC.

«Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais l'un des autres partis politiques ne semble pas bien accueillir la nouvelle. (...) Je veux leur dire: 'Écoutez, ce n'est pas vous, c'est moi... mais vous savez quoi? Après cette dernière semaine, c'était vraiment eux'», a-t-il lancé à la blague, déclenchant l'hilarité dans la salle bondée du Palais des congrès.

Pressé de questions par les journalistes en point de presse quelques instants après, il a fini par dire explicitement que les conservateurs faisaient partie de ses prétendants, sans toutefois préciser qui avait initié le dialogue.

Mais en plein milieu de la rencontre, les conservateurs ont fait parvenir à certains représentants des médias un courriel dans lequel il est écrit qu'Andrew Leslie a fait les premiers pas.

«Andrew Leslie a approché le Parti conservateur du Canada. Son manque de jugement et le fait qu'il ait cru approprié de dépenser l'argent des contribuables de façon excessive explique bien pourquoi il est le conseiller principal de Justin Trudeau», peut-on lire dans la missive conservatrice.

Andrew Leslie s'est retrouvé sous les feux de la rampe la semaine dernière, lorsqu'il a été révélé qu'il avait facturé des frais de déménagement d'une valeur de 72 000 $. Il se prévalait d'un programme fédéral qui permet aux militaires ayant servi pendant plus de 20 ans d'être remboursés pour un dernier transfert à leur retraite.

«C'était un baptême de feu. J'apprécie les talents, l'organisation et le sens du 'timing' que le parti des conservateurs a mis dans l'attaque», a-t-il ironisé.

«Mais je pense que c'est dommage que le gouvernement prenne (autant) de temps pour m'attaquer (plutôt) que de s'occuper des problèmes de nos anciens combattants», a poursuivi Andrew Leslie, reconnaissant cependant qu'il ne disposait d'aucune preuve à l'effet que les troupes conservatrices étaient derrière cette fuite médiatique.

Le ministre de la Défense, Rob Nicholson, affirmé la semaine dernière qu'il demanderait à son ministère de lui expliquer comment un déménagement à l'intérieur de la même ville — Ottawa — pouvait entraîner des dépenses de cette ampleur.

L'ancien chef des troupes canadiennes en Afghanistan a esquivé les questions portant sur le montant de la facture lors du point de presse.

«J'aurais pu déménager ma famille à plusieurs occasions, mais je choisissais de les laisser là en sachant que lorsque le temps serait venu d'accrocher mes éperons, les dépenses juridiques et immobilières seraient prises en charge par le gouvernement du Canada», a-t-il tenu à signaler.

Pendant son discours, qui a duré un peu plus d'une vingtaine de minutes et s'est déroulé en grande partie en anglais, il a néanmoins martelé que la politique lui ayant permis de toucher ce remboursement était gérée par le Parti conservateur du Canada.

Andrew Leslie a cependant assuré qu'il était ouvert à discuter de la politique en question, se drapant des valeurs «progressistes» qu'il a attribuées aux libéraux.

Car il ne faut pas se leurrer sur la signification des frondes conservatrices, a-t-il plaidé: «Les conservateurs appliquent cette politique depuis huit ans. Elle est gérée par le ministre de la Défense. C'est sa politique, et j'accueille la révision. J'imagine le ministre se regarder dans le miroir et se dire: 'Qu'est-ce que j'ai fait?'»

S'il a varlopé les conservateurs, M. Leslie a eu des propos on ne peut plus élogieux au sujet des libéraux, qui lui ont offert un soutien «extraordinaire» depuis que cette affaire a été révélée au grand jour.

Il n'a pas non plus raté l'occasion de chanter les louanges du chef Justin Trudeau, qui était dans la salle pour écouter le discours de celui qui agit, à l'heure actuelle, comme son conseiller politique.

«Certains ont peur de l'esprit d'optimisme, de dur labeur et d'espoir qu'il représente», a-t-il affirmé.

«Je vois en Justin un homme qui a une vision nationale, qui est inclusif et attentif, et déterminé à aider la classe moyenne à avoir une meilleure vie pour leur famille, a-t-il lancé. J'ai trouvé un leader qui écoute, mais qui peut aussi prendre les décisions difficiles qu'un premier ministre doit prendre.»

Andrew Leslie est pressenti comme le candidat libéral dans la circonscription d'Ottawa-Orléans, selon plusieurs médias.

Le congrès libéral se poursuit à Montréal jusqu'à dimanche midi. Un discours de Justin Trudeau est au programme samedi après-midi.

PLUS:pc