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La cote de crédit du Québec devrait rester stable

21/02/2014 02:29 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT

Les grandes agences de notation de crédit ne devraient pas réserver de mauvaises surprises au Québec à la suite du dépôt du budget par le ministre des Finances, Nicolas Marceau, mais certaines préviennent que la marge de manoeuvre de la province est bien mince.

En décembre dernier, Fitch avait placé la note de crédit du Québec sous perspective négative, tout en maintenant sa note de AA-, dans la foulée du report de l'équilibre budgétaire de deux ans annoncé par le ministre Marceau dans sa mise à jour économique de novembre.

Cette fois-ci, les agences ont salué le resserrement des dépenses de l'État, qui ne pourront pas croître de plus de 2 % par année, mais se demandent comment le Québec atteindra son objectif. « Il y a très peu de marge de manoeuvre si les revenus (de l'État) devaient être inférieurs aux prévisions », a souligné vendredi le vice-président adjoint de Moody's, Michael Yake.

Dans son budget, le ministre Marceau entrevoit désormais une croissance de 1,9 % du produit intérieur brut pour chacune des années 2014 et 2015, ce qui représente une révision à la hausse de 0,1 % de pourcentage par rapport à ses prévisions de novembre.

Cette prévision demeure inférieure à la moyenne des économistes du secteur privé, qui anticipent une croissance de 1,9 % pour le Québec en 2014 et de 2,1 % en 2015.

Le vice-président adjoint de Moody's rappelle aussi que le ministre Marceau n'a pas dévoilé les crédits des ministères dans son budget. « Nous aurions aimé analyser des données précises sur les dépenses de chaque ministère pour évaluer dans quelle mesure le Québec pourrait atteindre ses cibles », souligne M. Yake.

L'agence américaine n'a pas modifié la cote de crédit du Québec, qui demeure à AA2 avec une perspective stable.

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Dominion Bond Rating Services (DBRS) continue d'analyser le document déposé jeudi par le ministre québécois des Finances, mais souligne que les prévisions de M. Marceau sont conformes aux informations déjà disponibles. « C'est en ligne avec ce qu'il (M. Marceau) avait dévoilé en novembre dernier, a expliqué le vice-président des finances publiques de DBRS, Travis Shaw. Le contrôle (des dépenses) devra être serré. »

Il a précisé que DBRS hésite à procéder à une mise à jour de la cote de crédit du Québec en raison du déclenchement imminent d'une élection générale.

« Nous allons voir ce qui va se passer si le Québec va en élections, a expliqué M. Shaw. Est-ce que ce budget sera adopté ou il y en aura un autre après les élections? » Les partis d'opposition à l'Assemblée nationale ayant tous rejeté le budget Marceau, les chances de voir le document adopté par les parlementaires sont donc bien minces, voire inexistantes, dans un contexte où le gouvernement Marois est minoritaire.

Le vice-président des finances publiques de DBRS a réitéré que l'agence établie à Toronto maintenait, pour l'instant, sa cote de A (élevé) avec une perspective stable.

Fitch n'a pas commenté le budget déposé par le ministre des Finances du Québec, rappelant que la cote de crédit de la province demeurait inchangée. Standard & Poor's a fait de même, alors que Japan Credit n'avait pas rappelé La Presse Canadienne vendredi après-midi.

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