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JO-2014 - Ski alpin: Shiffrin née et programmée pour gagner

21/02/2014 01:38 EST | Actualisé 23/04/2014 05:12 EDT

Née pour gagner: la formule, souvent galvaudée, sied pourtant comme les skis à ses pieds à l'Américaine Mikaela Shiffrin, devenue la plus jeune championne olympique de slalom à 18 ans et 11 mois, vendredi soir à Rosa Khoutor.

Née, car le talent est inné, mais aussi programmée par des parents, Eileen et Jeff, médecin anesthésiste, qui ont beaucoup investi en temps et en argent pour l'accompagner vers le sommet.

Sur une neige salée, la jeune femme a comblé leurs attentes, un an après avoir été sacrée championne du monde en résistant à la pression qu'avait instillée l'Autrichienne Marlies Schild, victorieuse de 35 slaloms en Coupe du monde, un record.

Seulement sixième, à 1 sec 36/100e, de Shiffrin à l'issue du premier parcours, la championne du monde 2011 s'est retrouvée sur le second tracé. Mais cela n'a pas suffi.

Forte d'une technique éprouvée et d'un mental de fer, Shiffrin a surmonté une grosse faute à mi-pente, redonnant du gaz au bon moment, pour devancer au final Schild de 53/100e et une autre Autrichienne, Kathrin Zettel, médaillée de bronze à 81/100e.

"On a rapidement vu qu'elle avait des prédispositions mais aussi qu'elle était habitée d'une grande envie de réussir et savait écouter", expliquait Mme Shiffrin, après la victoire de Mikaela le 4 janvier 2013 à Zagreb, sa deuxième en Coupe du monde.

Comparaison avec Kostelic

La prodige venait de s'imposer là où même la grande Janica Kostelic n'avait pu devenir "reine de la neige" sur la piste de son enfance.

Et la comparaison avec la championne croate s'impose tant Ante Kostelic a forgé Janica mais aussi son fils Ivica. Chez les Shiffrin, cela s'est pratiqué plus en douceur et en persuasion.

Mikaela avait chaussé les skis à deux ans, initiée par ses parents qui avaient goûté à la compétition à un niveau amateur.

La surdouée a fait ses universités d'apprentie championne dans une Académie du Vermont, en Nouvelle-Angleterre (Est), ce qui a un coût. Depuis deux saisons, Eileen chaperonne sa merveille quand la Coupe du monde migre en Europe. A la fois maman, préceptrice -"Mikaela doit aussi étudier", insiste Eileen-, et première supportrice.

Mikaela reconnaît qu'elle est restée enfant par certains aspects. En tout cas d'un naturel confondant.

Sur les skis, elle est désormais devenue une référence, et pas seulement chez les dames. Dotée d'une rare sensibilité de pieds, la qualité première en ski alpin, la teenager dégage beaucoup de puissance. La demoiselle s'adapte aussi à tous les types de revêtement, et la neige salée des Jeux de Sotchi ne l'a pas désarçonnée.

"C'est à coups sûr un rêve qui est devenu réalité. J'étais un peu nerveuse (au départ de la seconde manche), mais aussi excitée. Je voulais vraiment m'élancer!", a expliqué la lauréate.

Transformer les rêves en réalité, Shiffrin en a pris l'habitude. Mais la formule n'est pas infaillible. La jeune Américaine avait pensé commencer par gagner mardi l'or du géant, discipline dont elle gravit rapidement la hiérarchie. Cinquième, évidemment c'était une déception.

Sur la trace de Vonn

Très bientôt, car elle sait aussi s'engager dans la pente, elle se lancera en descente et en super-G pour jouer le classement général de la Coupe du monde. Et succéder à son illustre compatriote Lindsey Vonn, la grande absente de ces Jeux.

"C'est réellement impressionnant d'avoir déjà tout gagné à 18 ans", a déclaré l'Allemande Maria Höfl-Riesch, la championne olympique de Vancouver, cette fois 4e au pied du podium.

Schild, première slalomeuse à conquérir trois médailles aux JO, ne gagnera jamais l'or. Il lui aura manqué seulement la glace sur laquelle elle est la meilleure.

Mais, bonne perdante, la fiancée de Benjamin Raich a préféré rendre hommage à la nouvelle championne olympique.

asc/el

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