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Centrafrique: les chefs religieux appellent à désarmer dans les lieux de culte

21/02/2014 06:19 EST | Actualisé 23/04/2014 05:12 EDT

L'archevêque de Bangui, Dieudonné Nzapalainga, et l'imam de la capitale centrafricaine, Oumar Kobine Layama, ont appelé conjointement vendredi à désarmer les civils qui se sont "infiltrés" dans les églises et les mosquées.

"Que tous nos frères qui ont des armes les remettent. Les militaires doivent désarmer tout le monde dans les églises et les mosquées", a lancé l'archevêque lors d'une conférence de presse.

"Beaucoup de Centrafricains ont des armes, musulmans et chrétiens. Les armes n'ont pas choisi un camp", a-t-il ajouté.

"Des gens s'infiltrent avec des armes dans les sites religieux, y compris les mosquées", a renchéri l'imam, en appelant à soutenir les opérations de désarmement des forces française Sangaris et africaine Misca.

Les deux hommes, qui depuis des mois appellent en vain à la fin des tueries entre chrétiens et musulmans dans leur pays, ont également salué l'appel du secrétaire-général de l'ONU, Ban Ki-moon, a déployer très vite plus de soldats et de policiers en Centrafrique.

"Cet appel est crucial pour que le processus de pacification aille à son terme pour enclencher une démarche de réconciliation", a souligné l'archevêque.

M. Ban a réclamé jeudi devant le Conseil de sécurité le déploiement rapide "d'au moins 3.000 soldats et policiers supplémentaires" en République centrafricaine (RCA) pour rétablir l'ordre et protéger les civils. Il a demandé que ces nouvelles troupes arrivent "dès que possible, dans les jours et les semaines à venir" et soient dotées de moyens aériens pour se déplacer en province.

Evoquant les effectifs militaires déjà sur place ou prévus --2.000 Français, près de 6.000 Africains et entre 500 et mille Européens--, il a ajouté: "Il nous en faut davantage, et vite".

"Les besoins de sécurité dépassent de loin les capacités des troupes internationales déployées actuellement", estime-t-il. "Et là où il n'y a pas de forces internationales, les civils n'ont trop souvent le choix qu'entre la mort et la fuite".

Le Tchad a annoncé avoir mis fin mercredi au rapatriement sous protection militaire de ses ressortissants établis en Centrafrique. Depuis décembre, des dizaines de milliers de civils musulmans, dont bon nombre de Tchadiens, ont fui les violences.

Ils sont pourchassés par des milices à majorité chrétiennes qui se vengent des exactions commises par les rebelles pour la plupart musulmans qui avaient pris le pouvoir l'an dernier.

A l'issue d'une visite de deux jours à Bangui, la responsable des opérations humanitaires de l'ONU Valérie Amos avait elle aussi jugé jeudi qu'il n'y avait "pas assez de troupes sur le terrain" et souligné que la RCA "a connu une destruction totale de ses institutions".

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