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Caricatures du prophète: le Tunisien gracié fixé sur son sort la semaine prochaine (avocat)

21/02/2014 08:01 EST | Actualisé 23/04/2014 05:12 EDT

Un jeune Tunisien condamné pour la diffusion de dessins jugés blasphématoires et gracié par la présidence de la République, mais qui reste emprisonné pour "détournement de fonds", doit être fixé sur son sort la semaine prochaine, a déclaré vendredi à l'AFP son avocat.

"Nous avons déposé une demande de libération" pour Jabeur Mejri tôt vendredi, a indiqué Me Ahmed Mselmi. Le juge d'instruction devrait faire connaître sa décision en début de semaine prochaine, "lundi ou mardi", a-t-il précisé.

Jabeur Mejri, 29 ans, purge depuis mars 2012 une peine de sept ans et demi de prison pour avoir diffusé sur internet des textes et dessins considérés comme insultants pour l'islam.

La présidence tunisienne a annoncé mercredi une "grâce spéciale" pour Jabeur, mais elle a en même temps admis sa "surprise" en apprenant que le jeune homme devait rester en prison en raison d'une seconde affaire dont elle dit ne pas avoir eu connaissance.

Selon son avocat, il est en effet accusé par la SNCFT, la société tunisienne de chemins de fer, d'avoir détourné des fonds lorsqu'il travaillait au guichet de la gare de Mahdia, sa ville natale.

"La plainte fait état d'un manque de 5 dinars (2,30 euros) dans la caisse lors d'une inspection. Il est aussi accusé d'avoir subtilisé des abonnements de train d'une valeur de 1.663 dinars (760 euros environ) lors d'un remplacement dans une autre gare", a expliqué Me Msalmi.

La plainte de la SNCFT a été déposée en juillet 2011 mais le mandat de dépôt n'a été émis que le 28 janvier dernier, a-t-il poursuivi, en précisant que son client avait nié les accusations.

"Il est clair que c'est de l'acharnement judiciaire, on est en train de monter un dossier de toutes pièces" pour le maintenir en prison, a dit à l'AFP Kaouther Zouari, la porte-parole de son comité de soutien. "Cela rappelle vraiment les méthodes de l'ancien régime".

Plusieurs ONG et militants des droits de l'Homme se sont mobilisés en faveur du jeune homme. Pour Amnesty International, Jabeur Mejri est le premier prisonnier d'opinion en Tunisie depuis la révolution de janvier 2011 qui a poussé le président Zine El Abidine Ben Ali à la fuite.

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