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WhatsApp, le nouveau moteur de Facebook pour poursuivre la course en tête

20/02/2014 06:08 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT

L'annonce fracassante mercredi de l'achat de la messagerie WhatsApp par Facebook démontre la volonté du réseau social de rester en prise avec les jeunes et d'ancrer son usage sur mobile pour se maintenir au sommet, selon les analystes.

"Cela montre la détermination de Facebook à devenir le +prochain+ Facebook", affirme Benedict Evans, de la firme de capital-risque Andreessen Horowitz.

Mais la nouvelle a surpris de nombreux observateurs en raison du prix très élevé de 19 milliards de dollars en action et en liquide que la firme de Mark Zuckerberg est prêt à payer.

"Un record... et une véritable fortune pour ce qui n'est qu'une simple messagerie ... Mais WhatsApp, c'est un succès phénoménal : 450 millions d'utilisateurs dans le monde et une application très utilisée par les jeunes, qui y voient le meilleur moyen de remplacer le bon vieux texto. Facebook veut garder son leadership mis à mal ces derniers temps, notamment par la défection des ados", selon Lionel Kaplan, spécialiste des réseaux sociaux chez Mediatrium une agence de marketing et communication sur les réseaux sociaux, basée à Paris.

"La taille de la transaction est vraiment imposante, et cela va faire parler d'une bulle", réagit Greg Sterling, analyste chez Opus Research, soulignant que Facebook prend un risque car "dans les médias sociaux, il y a le truc à la mode, et l'année suivante, ça peut être une autre application".

Par ailleurs, il estime que Facebook a accepté de payer un tel prix en réponse "à la frustration (...) de ne pas pouvoir acheter Snapchat", un autre service de messagerie.

Enfin, il y a le facteur jeunesse. Facebook a "vraiment besoin de véhicules pour attirer les utilisateurs les plus jeunes, et Instagram (une application de partage de photos et vidéos détenue par Facebook) ne va pas faire cela tout seul", selon lui.

Car Facebook, du haut de ses 10 ans d'existence, court au fil du temps le risque de faire figure de vénérable aïeul des réseaux sociaux, et de voir son étoile pâlir chez les générations montantes, le smartphone greffé à la main.

Avec ces achats d'Instagram et de WhatsApp, Facebook "est en train devenir comme une holding" de différentes applications, estime M. Sterling. WhatsApp conservera son conseil d'administration et aura un fonctionnement indépendant au sein de Facebook.

Pour les analystes de Deutsche Bank, l'opération de Facebook "renforce sa position d'entreprise numéro 1 du mobile dans le monde (hors Chine)", avec trois activités où il est leader en part de marché: Facebook au sens strict, Instagram et WhatsApp.

Pour Jim Goetz, de la firme de capital risque Sequoia Capital, le prix est justifié parce que, selon lui, "WhatsApp a transformé les communications personnelles".

Cela a largement séduit à l'international, mais WhatsApp est "tellement sous-estimé" sur le marché américain, estime M. Goetz.

Pour Roger Kay, d'Endpoint Technologies, WhatsApp est devenu une des applications les plus populaire et "me fait un peu penser à Skype", le logiciel qui permet de passer des coups de fil via internet, également très populaire.

Selon lui, la pertinence de l'opération réside aussi dans la valeur de laction très élevée de Facebook, qui évolue à des niveaux record après une entrée en Bourse difficile en 2012.

"Quand vous avez une action comme ça, qui progresse à toute vitesse et qui crée beaucoup de valeur, il est bon de la transformer en une autre valeur", plus concrète, a-t-il dit à l'AFP.

En résumé, les analystes de Deutsche Bank perçoivent "l'opération comme offensive, et Facebook continue de se montrer astucieux dans le temps alors qu'il fait pivoter vers le mobile son +business model+, sa griffe et sa stratégie".

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