NOUVELLES

Ukraine: vers des sanctions ciblées et un embargo sur le matériel de répression

20/02/2014 10:04 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT
SERGEI SUPINSKY via Getty Images
Anti-government protesters reinforce a barricade during clashes with the police in the center of Kiev on February 20, 2014. Armed protesters stormed police barricades in Kiev on Thursday in renewed violence that killed at least 26 people and shattered an hours-old truce as EU envoys held crisis talks with Ukraine's embattled president. Bodies of anti-government demonstrators lay amid smouldering debris after masked protesters hurling Molotov cocktails and stones forced police from Kiev's iconic Independence Square -- the epicentre of the ex-Soviet country's three-month-old crisis. AFP PHOTO/ SERGEI SUPINSKY (Photo credit should read SERGEI SUPINSKY/AFP/Getty Images)

L'UE se dirigeait jeudi vers des sanctions contre les responsables des violences en Ukraine et un embargo sur les armes et le matériel de répression, face au regain de tension à Kiev, ont annoncé plusieurs ministres des Affaires étrangères au début d'une réunion de crise.

"Les tueries sont absolument inacceptables, l'UE doit agir d'une manière permettant d'y mettre fin", a affirmé à son arrivée le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague.

"Aider à mettre fin aux violences est la priorité immédiate (...) c'est pourquoi nous discutons de sanctions", a-t-il ajouté. Il a toutefois confirmé qu'aucun consensus n'avait encore été trouvé au sein des 28 sur la nature exacte, la portée et les personnes visées par ces sanctions.

"Nous essayons d'identifier" les responsables des violences à qui "nous refuserons l'entrée dans l'UE et infligerons des sanctions économiques", via un gel de leurs avoirs, a précisé son homologue danois, Martin Lidegaard.

"Il serait bon que l'on décide en plus un embargo sur les armes", a déclaré le ministre autrichien, Sebastian Kurz.

L'UE pourrait aussi envisager de sévir contre des groupes extrémistes au sein de l'opposition, a souhaité le Néerlandais Frans Timmermans, soulignant que "du côté de l'opposition il y a aussi des groupuscules radicaux responsables de violences".

Mais le contact doit être maintenu avec les autorités et l'opposition, pour aider à terme à une solution pacifique et politique à la crise ukrainienne, ont estimé ces ministres.

Vous pouvez suivre les événements en direct ci-dessous:

Le ministre belge, Didier Reynders, a dit espérer que l'UE puisse y travailler "en collaboration" avec les Russes. "Sans coopération avec la Russie, le dossier risque de se gripper encore plus", a-t-il affirmé.

Les affrontements meurtriers ont redoublé jeudi à Kiev, malgré la présence d'une troïka de ministres européens (allemand, français et polonais) qui devaient regagner Bruxelles dans l'après-midi pour rendre compte à leurs homologues de leurs entretiens.

Mais ils vont finalement rester à Kiev, en maintenant le contact avec leurs homologues à Bruxelles, a-t-on appris de source diplomatique.

Selon un projet de conclusions, les ministres vont se prononcer sur l'adoption de "mesures ciblées contre les responsables des violences et le recours excessif à la force", a indiqué une source diplomatique.

Le texte ne précise aucun nom de responsable qui pourrait être concerné par ces sanctions, qui prennent généralement la forme d'interdiction de visas et de gel des avoirs à l'étranger.

Le document prévoit aussi "la mise en oeuvre d'un embargo sur les armes" et "une interdiction des équipements utilisés pour la répression", sans plus de détail sur le type de matériel visé.

L'Union européenne se dit "profondément préoccupée par la détérioration de la situation en Ukraine", ajoutant "qu'aucune circonstance ne peut justifier la répression à laquelle nous assistons actuellement". Le projet de texte "appelle le gouvernement à faire preuve d'une retenue maximum et l'opposition à se démarquer de ceux qui recourent à l'action radicale".

"Toute nouvelle escalade, notamment l'instauration de l'état d'urgence, doit être évitée", souligne l'UE. Elle rappelle qu'il incombe au président Viktor Ianoukovitch et aux autorités ukrainiennes de "faire le premier pas pour permettre le dialogue" qu'elle appelle de ses voeux.

INOLTRE SU HUFFPOST

Affrontements en Ukraine le 18 février 2014