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L'Occident condamne les violences en Ukraine

20/02/2014 12:24 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT
Jeff J Mitchell via Getty Images
KIEV, UKRAINE - FEBRUARY 20: Anti-government protesters rebuild barricades following continued clashes with police in Independence square, despite a truce agreed between the Ukrainian president and opposition leaders on February 20, 2014 in Kiev, Ukraine. After several weeks of calm, violence has again flared between police and anti-government protesters, who are calling to oust President Viktor Yanukovych over corruption and an abandoned trade agreement with the European Union (Photo by Jeff J Mitchell/Getty Images)

L'Union européenne a décidé d'imposer des sanctions aux dirigeants ukrainiens « responsables de la violence », jeudi, au moment où des affrontements d'une ampleur sans précédent faisaient rage dans la capitale, Kiev.

Réunis à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne (UE) ont approuvé des sanctions qui incluent l'interdiction de voyager dans les 28 pays membres et le gel des avoirs de certains responsables ukrainiens.

« Nous avons pris la décision, en étroite coordination avec les trois ministres qui négocient à Kiev, de procéder très rapidement, dans les prochaines heures, pour priver de visas et geler les avoirs de ceux qui ont du sang sur les mains », a déclaré la chef de la diplomatie italienne, Emma Bonino.

Les dirigeants ciblés n'ont pas tous été identifiés. Une première liste des personnes sanctionnées « pourrait comprendre des responsables des forces de sécurité et des membres du gouvernement », a soutenu Didier Reynders, ministre belge des Affaires étrangères.

La sévérité des sanctions sera ajustée en fonction de l'évolution de la situation sur le terrain, a-t-on indiqué.

Ottawa annonce des sanctions supplémentaires contre Kiev

« Aujourd'hui, nous imposons une interdiction de voyager élargie qui empêchera les hauts représentants du gouvernement ukrainien ainsi que les autres personnes qui ont une responsabilité politique dans le recours à la violence de voyager au Canada », a déclaré par voie de communiqué le premier ministre du Canada, Stephen Harper, précisant que ces mesures s'ajoutaient aux « restrictions visant les déplacements annoncées le 28 janvier ».

« Nous imposerons également des sanctions économiques au régime Ianoukovitch et à ses partisans », ajoute-t-il.

Washington pourrait également adopter des mesures similaires envers le gouvernement ukrainien. Le vice-président Joe Biden s'est entretenu par téléphone avec le président ukrainien et «  a clairement dit que les États-Unis étaient disposés à prendre des sanctions à l'encontre des gouvernants responsables des violences  », a indiqué la Maison-Blanche dans un communiqué.

Entente possible

Pendant ce temps, les ministres des Affaires étrangères de la France, de l'Allemagne et de la Pologne ont rencontré les représentants du gouvernement à Kiev et devaient également rencontrer ceux de l'opposition afin de discuter d'une possible entente avec le gouvernement.

Le premier ministre polonais Donald Tusk a déclaré que les ministres de l'UE avaient obtenu du président ukrainien son accord pour des élections présidentielles et parlementaires anticipées en 2014. Selon M. Tusk, il a également été question d'un « gouvernement d'unité nationale dans les dix prochains jours » et du changement de la Constitution d'ici l'été.

Il n'y a « aucun accord » pour sortir de la crise pour l'instant, a rétorqué Vitali Klitschko, un des chefs de file de la contestation.

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a abondé dans le même sens et a indiqué que les ministres européens retournaient voir le président Ianoukovitch.

Moscou est incontournable selon le premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, a déclaré que l'Union européenne devait impérativement parler avec la Russie pour résoudre la crise en Ukraine.

Il est nécessaire de « trouver une solution politique à la crise en Ukraine le plus rapidement possible », ont estimé jeudi la chancelière allemande Angela Merkel, le président américain Barack Obama et le président russe Vladimir Poutine lors d'une conversation téléphonique.

Condamnations internationales

Par ailleurs, plusieurs gouvernements ont condamné, jeudi, les nouveaux affrontements qui font rage en Ukraine.

Le gouvernement américain demande le retrait immédiat des forces de sécurité déployées dans le centre de Kiev et le respect du droit de manifester.

« Nous sommes scandalisés par les images des forces de sécurité ukrainiennes utilisant des armes automatiques sur leur propre peuple », a indiqué le porte-parole du président américain, Jay Carney.

La chancelière allemande, Angela Merkel, invite pour sa part le président Viktor Ianoukovitch à dialoguer avec l'opposition. « Toute manoeuvre pour gagner du temps ne ferait qu'envenimer le conflit et générerait des risques imprévisibles », a-t-elle estimé.

« Sanctions inappropriées », selon la Russie

De son côté, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, a affirmé que des sanctions contre l'Ukraine seraient « inappropriées » et qu'elles ne feraient que contribuer à l'aggravation du climat social.

« De tels actes ressemblent à du chantage », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Bagdad.

La Russie a demandé au président Viktor Ianoukovitch de ne pas se laisser intimider par l'opposition et a menacé de suspendre le versement prévu de 2 milliards de dollars en aide financière au pays.

Le premier ministre russe, Dimitri Medvedev, a expliqué que la Russie ne peut traiter qu'avec « des autorités légitimes et compétentes, un gouvernement sur lequel le peuple ne s'essuie pas les pieds comme sur un paillasson ».

Le principal allié du président Ianoukovitch va envoyer un médiateur à Kiev.

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