NOUVELLES

Ukraine: des dizaines de morts à Kiev

20/02/2014 03:54 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT
BULENT KILIC via Getty Images
Protesters burn as they stand behind burning barricades during clashes with police on February 20, 2014 in Kiev. Ukraine's embattled leader announced a 'truce' with the opposition as he prepared to get grilled by visiting EU diplomats over clashes that killed 26 and left the government facing diplomatic isolation. The shocking scale of the violence three months into the crisis brought expressions of grave concern from the West and condemnation of an 'attempted coup' by the Kremlin. AFP PHOTO/BULENT KILIC (Photo credit should read BULENT KILIC/AFP/Getty Images)

Plus de 60 manifestants ont été tués jeudi par balle dans le centre de Kiev, a indiqué à l'AFP le responsable des services médicaux de l'opposition Sviatoslav Khanenko.

"Plus de 60 manifestants ont été tués. Tous l'ont été par balle", a dit M. Khanenko.

Soixante-sept policiers ont été capturés par les manifestants à Kiev, a par ailleurs indiqué jeudi le ministère de l'Intérieur en soulignant qu'il pourrait décider d'avoir recours à la force pour les libérer.

"Lors des attaques des extrémistes, 67 policiers des troupes de l'Intérieur ont été capturés", a indiqué le ministère dans un communiqué. "Les forces de l'ordre ont le droit d'utiliser des armes pour libérer leurs collègues", selon la même source.

Vous pouvez suivre les événements en direct ci-dessous:

Des médecins proches de l'opposition ont estimé que certains des manifestants tués avaient été visés par un sniper.

Les alentours de la place étaient à de nombreux endroits couverts de flaques de sang.

Plusieurs milliers de manifestants, dont des femmes et des retraités, participaient par ailleurs à une sorte de meeting permanent sur la place, où l'opposition a maintenu une scène sonorisée malgré les affrontements des deux derniers jours.

Des déflagrations se faisaient entendre régulièrement aux alentours, dans l'épaisse fumée des feux de pneus allumés par les manifestants pour entraver la progression des forces anti-émeute.

Le gouvernement évacué

La situation évoluait très vite jeudi. Le siège du gouvernement, qui se trouve dans le centre-ville non loin de la place de l'Indépendance, a ainsi été entièrement évacué. "On a reçu un ordre officiel", a indiqué une responsable sur place.

Des manifestations et affrontements avaient également lieu en province, notamment dans l'ouest nationaliste comme à Lviv, où la veille les manifestants se sont emparés d'un dépôt d'armes de la police.

Au même moment, une troïka de ministres des Affaires étrangères européens, le Français Laurent Fabius, l'Allemand Frank-Walter Steinmeier et le Polonais Radoslaw Sikorski, se trouvait à Kiev.

Une rencontre était en cours jeudi à la mi-journée entre le président ukrainien Viktor Ianoukovitch et les trois ministres, a indiqué à l'AFP une porte-parole.

Les trois ministres européens doivent également rencontrer les leaders de l'opposition, puis se rendre à Bruxelles pour rendre compte à leurs homologues des résultats de ces pourparlers lors d'une réunion extraordinaire qui pourrait voir l'instauration de sanctions.

"Nous nous apprêtons cet après-midi à prendre des sanctions contre ceux qui sont responsables de la violence", a dit M. Fabius à la radio privée française Europe 1 avant de partir à Kiev.

Son homologue russe, Sergueï Lavrov, a suggéré à l'Union européenne de "profiter de ses contacts avec l'opposition pour l'inciter à (...) se distancier des forces radicales qui ont déchaîné les troubles sanglants et sont sur la voie d'un coup d'Etat".

M. Lavrov avait la veille dit son opposition aux "tentatives insistantes de médiation" des Européens.

Moscou appelle à la fermeté

Le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, a en outre donné des signes d'impatience sur un supposé manque de fermeté de la direction ukrainienne, confrontée à la contestation depuis qu'elle a renoncé en novembre à un accord avec l'UE pour se tourner vers Moscou.

"Il faut que nos partenaires aient du tonus, que le pouvoir en exercice en Ukraine soit légitime et efficace, qu'on ne s'essuie pas les pieds dessus comme sur un paillasson", a déclaré M. Medvedev.

Le président Ianoukovitch a de fait remplacé mercredi soir le chef d'Etat-major des armées, qui s'était montré hostile au recours à l'armée contre les opposants.

Les services spéciaux ukrainiens (SBU) ont de leur côté annoncé mercredi une vaste opération antiterroriste, soit des mesures d'exception dans toute l'Ukraine, arguant que des "groupes extrémistes" menaçaient "la vie de millions d'Ukrainiens".

Ces mesures d'exception permettent aux militaires d'ouvrir le feu.

Le président ukrainien avait annoncé mercredi soir une "trêve" avec les opposants après les violents affrontements qui avaient fait 28 morts en deux jours.

Mais jeudi matin, des centaines de manifestants casqués et armés de gourdins et de boucliers ont escaladé leurs propres barricades sur le Maïdan avant de se lancer à l'assaut des forces de l'ordre qui leur avaient repris une partie de la place 24 heures auparavant.

Les policiers ont reculé sur plusieurs centaines de mètres. Le ministère de l'Intérieur a affirmé qu'un sniper avait pris des policiers pour cible avant la charge et que vingt policiers avaient été blessés.

Le président américain Barack Obama a mis en demeure le pouvoir ukrainien de garantir aux "manifestants pacifiques" le droit de s'exprimer "sans peur de la répression".

Les Etats-Unis ont annoncé mercredi soir avoir interdit de visas quelque 20 hauts responsables ukrainiens.

L'Otan a de son côté averti l'Ukraine d'une remise en cause possible de sa coopération avec ce pays si l'armée intervenait contre les manifestants de l'opposition.

INOLTRE SU HUFFPOST

Affrontements en Ukraine le 18 février 2014