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Ukraine : l'UE décide des sanctions pour ceux qui "ont du sang sur les mains"

20/02/2014 01:10 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT

Les ministres européens des Affaires étrangères ont décidé jeudi de priver de visas et de geler les avoirs de ceux qui ont du sang sur les mains en Ukraine, a annoncé le chef de la diplomatie italienne, Emma Bonino.

"Nous avons pris la décision, en étroite coordination avec les trois ministres qui négocient à Kiev, de procéder très rapidement, dans les prochaines heures, pour priver de visas et geler les avoirs de ceux qui ont du sang sur les mains", a déclaré Mme Bonino en quittant une réunion de crise à Bruxelles.

Le ministre suédois, Carl Bild, a confirmé sur son compte twitter. "L'UE décide un gel des avoirs et une interdiction de visas pour ceux qui sont responsables de la violence et du recours excessif à la force à Kiev", a-t-il dit.

Il a précisé que "l'étendue de la mise en oeuvre des mesures de l'UE serait décidée à la lumière des développements en Ukraine".

Selon le ministre belge, Didier Reynders, les sanctions portent aussi sur l'équipement pouvant servir à la répression. Il n'a pas mentionné un embargo sur les armes, une des options qui avait été mise sur la table.

Une première liste de personnes sanctionnées "pourrait comprendre des responsables des forces de sécurite et des membres du gouvernement et elle pourra être être élargie", a précisé M. Reynders.

Pour Mme Bonino, "la responsabilité de la violence incombe au régime (ukrainien), mais nous ne pouvons ignorer qu'il y a des groupes extrémistes et des infiltrés. Nous visons tous ceux qui ont du sang sur les mains", a-t-elle insisté.

Mme Bonino a également plaidé en faveur d'"un dialogue critique" avec la Russie. Les Européens sont également tombés d'accord pour assouplir le régime des visas pour "les personnes blessées et les dissidents".

L'UE est prête à fournir une assistance médicale et humanitaire en Ukraine, a également indiqué Mme Bonino. Les ministres européens des Affaires étrangères s'étaient réunis d'urgence à Bruxelles pour examiner la situation en Ukraine où la violence a fait, selon l'opposition, au moins 60 morts jeudi.

Trois ministres européens, le Français Laurent Fabius, l'Allemand Frank-Walter Steinmeier et le Polonais Radoslaw Sikorski, étaient quant à eux à Kiev où ils négocient avec les chefs de l'opposition et le président Viktor Ianoukovitch pour tenter de faire cesser l'escalade de violence.

Le Kremlin a annoncé dans l'après-midi avoir dépêché également son représentant, Vladimir Loukine, à la demande de la présidence ukrainienne, pour participer à une médiation avec l'opposition.

"Les tueries sont absolument inacceptables, l'UE doit agir d'une manière permettant d'y mettre fin", avait affirmé à son arrivée le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague. "Aider à stopper les violences est la priorité immédiate (...), c'est pourquoi nous discutons de sanctions", avait-il ajouté.

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