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Syrie: Damas ne respectera pas la date limite pour la destruction des armes chimiques

20/02/2014 11:08 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT
AFP PHOTO / HO / SANA

Damas ne détruira pas son arsenal chimique à la date prévue du 30 juin, ont assuré jeudi des sources diplomatiques, évoquant la colère de nombreux Etats membres de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques quant à ce retard qui pourrait atteindre "plusieurs mois".

A la veille d'un Conseil exécutif de l'OIAC qui se penchera sur les retards syriens, Damas n'a évacué que 11% de ses agents chimiques et n'a pas respecté plusieurs dates intermédiaires.

La Syrie a d'ailleurs signifié à l'OIAC qu'elle achèverait l'évacuation de 1.200 tonnes d'agents chimiques dits de catégorie 1 et 2 d'ici à la fin mai, a assuré à l'AFP une source proche du dossier.

Cela représenterait un retard de plusieurs mois sur le programme approuvé par l'ONU à la suite d'un accord russo-américain ayant permis d'éviter des frappes militaires américaines contre la Syrie .

Les armes chimiques doivent être évacuées via le port de Lattaquié à bord de navires danois et norvégiens vers le port italien de Gioia Tauro.

Elles seront alors transférées sur un navire de la marine américaine équipé pour procéder à leur destruction, un procédé qui devrait durer environ 90 jours.

Une évacuation achevée fin mai signifierait un non-respect de la date pour laquelle la Syrie s'était engagée à avoir détruit son arsenal chimique, à savoir le 30 juin.

"Les Syriens ont indiqué qu'ils pourraient avoir terminé (l'évacuation, ndlr) à la fin mai, c'est inacceptable", a indiqué à l'AFP une source proche du dossier : "ils cherchent constamment des excuses pour leurs retards".

La Syrie, en proie à une guerre civile depuis trois ans, évoque notamment le manque de sécurité et assure ne pas encore disposer du matériel nécessaire.

"On peut leur laisser le bénéfice du doute pendant un certain temps, mais je pense que la plupart d'entre nous sommes à bout de patience", a pour sa part soutenu à l'AFP un diplomate occidental.

La plupart des Etats membres du Conseil exécutif sont excédés par l'attitude syrienne et souhaitent faire davantage pression sur Damas, qui bénéficie toutefois toujours du soutien de Moscou et Pékin, entre autres.

Le Conseil exécutif de vendredi s'annonce "animé", prédit une source proche de l'OIAC.

"Pas question de marchander"

Le 6 février, le Conseil de sécurité de l'ONU avait enjoint le régime syrien à "respecter ses obligations" et à accélérer le transport de ses armes chimiques hors de Syrie.

"Ils vont avoir plusieurs mois de retard pour la destruction, mais de leur côté ils disent +si tout est hors du pays pour le 30 juin, ça va, non?+", a regretté le diplomate occidental.

Des experts de l'ONU et de l'OIAC estiment de leur côté qu'étant donné les circonstances, l'évacuation peut être achevée d'ici à la fin mars, selon une source proche du dossier.

Les diplomates souhaitent quant à eux conserver la date limite du 30 juin en point de mire : "tant que la date du 30 juin n'a pas été dépassée, il faut la garder comme objectif", assure la même source.

"Il n'est pas question de marchander : des dates limites ont été fixées, ils doivent les respecter", soutient pour sa part le diplomate occidental.

la Syrie a déclaré posséder 700 tonnes d'agents chimiques de catégorie 1, les plus dangereux, 500 tonnes d'agents de catégorie 2 et 122 tonnes d'isopropanol.

Les agents de catégorie 1 et 2 auraient dû être évacués au 31 décembre et au 5 février, respectivement, mais jusqu'à présent, seuls trois chargements d'agents chimiques ont quitté la Syrie via le port de Lattaquié, les 7 et 27 janvier ainsi que le 10 février.

L'isopropanol doit être détruit sur le sol syrien d'ici au 1er mars. Selon le diplomate occidental, ce processus est achevé à 93%.

cjo-ndy/sym

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