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Soudan du Sud: situation tendue à Malakal, où l'armée prépare une contre-offensive

20/02/2014 06:03 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT

La situation restait tendue jeudi dans la ville sud-soudanaise de Malakal, capitale de l'Etat pétrolier du Haut-Nil (nord-est), où l'armée se prépare à lancer une contre-offensive pour chasser les rebelles regroupés derrière l'ex-vice-président Riek Machar.

Le porte-parole de l'armée, Philip Aguer, a indiqué à l'AFP que la ville était toujours divisée, mais que les troupes gouvernementales se préparaient à repousser la rébellion.

"On peut s'attendre à des coups de feu à tout moment", a-t-il dit. "La SPLA (l'armée sud-soudanaise) va mettre fin à cette pagaille", a-t-il assuré.

Selon lui, à Malakal, les rebelles "ont tué des gens à l'hôpital, ont tué des gens à l'église".

Les rebelles ont réfuté ces accusations, imputant à l'inverse les pertes civiles aux soldats loyaux au gouvernement.

"Nos forces (...) ont reçu des ordres stricts de ne pas attaquer ou viser des cibles non militaires", a déclaré dans un communiqué Lul Ruai Koang, porte-parole de la délégation de rebelles qui tente de négocier un accord de paix avec le gouvernement de Juba à Addis Abeba.

"Les informations que nous avons reçues de commandants, de témoins visuels et d'autres sources fiables indiquent que tous les civils qui ont perdu la vie ou ont été blessés l'ont été du fait des troupes gouvernementales ou de leurs alliés", a-t-il poursuivi.

Depuis des semaines, les rebelles dénoncent notamment la présence de soldats ougandais aux côtés de l'armée sud-soudanaise.

Les forces rebelles ont lancé mardi une vaste offensive pour reprendre Malakal, faisant voler en éclats le fragile cessez-le-feu que les belligérant sud-soudanais avaient péniblement signé à Addis Abeba le 23 janvier.

Selon des sources indépendantes, la capitale du Haut-Nil, que les rebelles, au nord, et les forces pro-gouvernementales, au sud, se partagent, est à nouveau jonchée de cadavres.

Le jeune pays est le théâtre de combats entre l'armée loyale au président Salva Kiir et la rébellion regroupée derrière Riek Machar depuis le 15 décembre. Les affrontements ont déjà fait des milliers de morts et quelque 900.000 déplacés.

Le conflit s'articule autour d'une lutte de pouvoir entre le chef de l'Etat et son ex-vice-président, limogé en juillet.

Le premier accuse le second d'avoir tenté un coup d'Etat. Riek Machar dément, et reproche en retour à Salva Kiir de ne chercher qu'à écarter toute compétition au sein du parti au pouvoir, le SPLM, à l'approche d'échéances électorales en 2015. Le SPLM est issu de l'ex-rébellion sudiste qui a affronté Khartoum lors de la guerre civile (1983-2005) qui a conduit à l'indépendance.

La rivalité politique a cependant très vite pris une dangereuse tournure ethnique : plusieurs massacres à caractère communautaire opposant les deux principales tribus du pays, les Dinka de Salva Kiir et les Nuer de Riek Machar, ont été dénoncés.

str-sas-aud/de

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