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Sables bitumineux: une étude confirme les fuites toxiques des bassins de résidus

20/02/2014 01:44 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT

EDMONTON - Une nouvelle étude fédérale vient appuyer fortement les soupçons selon lesquels des produits chimiques toxiques provenant des vastes bassins de résidus des sables bitumineux fuient dans les eaux souterraines et s'écoulent dans la rivière Athabasca.

Les fuites des bassins de résidus des sables bitumineux, qui couvrent désormais 176 kilomètres carrés, représentent depuis longtemps un enjeu controversé. L'industrie a reconnu qu'un suintement pouvait survenir, et des études précédentes basées sur des modèles ont évalué les fuites à 6,5 millions de litres par jour pour un seul bassin de décantation des boues.

Le territoire autour des zones d'exploitation contient plusieurs produits chimiques issus des réserves naturelles de bitume, et les scientifiques n'avaient pas encore été en mesure de les distinguer des contaminants déversés par l'industrie.

Mais l'étude d'Environnement Canada a eu recours à une nouvelle technologie pour conclure que le mélange de produits chimiques est légèrement différent dans chacune de ces sources. Cette découverte, obtenue grâce à une pièce d'équipement de 1,6 million $ acquise en 2010 pour aider à répondre à de telles interrogations, permet aux scientifiques d'identifier véritablement l'empreinte des produits chimiques et de retracer leur origine.

«La différenciation des sources de forme naturelle était manifeste», indique le document.

Les scientifiques ont recueilli des échantillons de 20 eaux souterraines de secteurs situés à au moins un kilomètre en amont et en aval de l'exploitation. Ils ont pris sept autres échantillons à 200 mètres de deux des bassins.

Des échantillons ont aussi été recueillis dans deux bassins distincts.

L'analyse s'est attardée à des sous-produits de l'extraction des sables bitumineux, qui comprend une famille de produits chimiques appelés les acides naphténiques.

«Leur grande hydrosolubilité en font des candidats de choix pour une possible migration hors des structures de confinement par le biais des eaux souterraines», mentionne le document.

Ces toxines ont été trouvées dans les eaux souterraines à proximité ainsi qu'à l'écart des zones de développement. Mais leur composition chimique était légèrement différente plus près des exploitations, où elle ressemblait davantage à celle des toxines retrouvées dans les eaux des bassins de résidus.

«Les analyses démontrent toutes une grande similitude entre les échantillons (en aval et en amont) et ceux des (eaux de résidus), par opposition à ceux dans les eaux souterraines naturelles plus éloignées», indique l'étude.

«La ressemblance entre le profil des sous-produits des sables bitumineux des (eaux de résidus) et des six échantillons des eaux souterraines adjacentes à deux bassins implique une source commune. Ces échantillons en incluent deux pris dans un flot ascendant à moins d'un mètre sous la rivière Athabasca, laissant croire que les (eaux de résidus) atteignent les systèmes fluvial», soutient le document.

L'étude, menée en vertu d'un nouveau programme fédéral-provincial de surveillance des sables bitumineux, a été approuvée pour publication fin janvier par le journal Environmental Science and Technology.

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