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Nouveau bain de sang en Ukraine

20/02/2014 03:43 EST | Actualisé 21/04/2014 05:12 EDT

Kiev est de nouveau le théâtre de violents affrontements entre les manifestants antigouvernementaux et les policiers. Près de 100 personnes sont mortes depuis le début de la journée, selon l'opposition. Les policiers répliquent qu'ils ont agi en « légitime défense ».

Un responsable des services médicaux de l'opposition a affirmé au réseau CNN qu'environ 100 personnes avaient été tuées et que 500 autres autres avaient été blessées depuis le début de la journée, une information qui n'a pas encore été confirmée par les sources officielles. D'autres sources proches de l'opposition font plutôt état de 60 morts.

Des journalistes de l'AFP, qui ont compté les corps entreposés dans des morgues provisoires, ont déclaré plus tôt jeudi qu'au moins 25 manifestants ont été tués.

« Ils ont été touchés à la tête ou au coeur, par balles réelles, pas par des munitions en caoutchouc », a expliqué une secouriste, Natalia, en montrant du doigt un gilet pare-balles ensanglanté, abandonné à terre, portant la marque d'un impact de balle qui l'a traversé.

Dès le lever du jour, des opposants ont escaladé leurs propres barricades et se sont lancés à l'assaut des policiers, qui ont reculé en ouvrant le feu. L'opposition a dénoncé « une provocation » du pouvoir.

Le siège du gouvernement ukrainien a également été évacué, selon ce qu'a confié une responsable à l'AFP.

Le maire de Kiev a pour sa part annoncé jeudi qu'il quittait le parti du président Viktor Ianoukovitch pour protester contre « le bain de sang et la lutte fratricide » dans sa ville.

« Légitime défense »

Le ministère de l'Intérieur soutient de son côté que les policiers ont utilisé leurs armes en « légitime défense », après que des inconnus eurent tiré sur les forces de l'ordre.

Le gouvernement ajoute que 67 policiers ont été pris en otage par les manifestants et qu'il a livré des armes de combat à la police ukrainienne, afin qu'elle puisse se défendre.

Pendant ce temps, des députés de l'opposition se sont rendus au parlement pour participer à une possible session extraordinaire visant à mettre fin aux violences meurtrières, qui surviennent quelques heures après l'annonce d'une trêve par le président.

Mardi, de violents affrontements avaient fait 28 morts. Un décret présidentiel faisait d'ailleurs de jeudi un jour de deuil national en Ukraine.

Pendant ce temps, à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne discutent des sanctions à adopter contre le régime ukrainien.

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