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Mourir dans la dignité : le projet de loi mourra au feuilleton

20/02/2014 03:08 EST | Actualisé 21/04/2014 05:12 EDT

Le projet de loi sur l'aide médicale à mourir ne sera vraisemblablement pas adopté avant la fin de la session parlementaire, puisque tous les partis d'opposition n'ont pas réussi à s'entendre sur une prolongation du temps de débat. La ministre Véronique Hivon, qui a porté le dossier, se dit consternée.

Mercredi, le leader parlementaire du gouvernement, Stéphane Bédard, avait proposé de prolonger les débats à l'Assemblée nationale sur les heures du midi et en soirée afin d'adopter le projet de loi à temps. La Coalition avenir Québec et Québec solidaire s'étaient dits ouverts à une adoption rapide du projet de loi, avant la pause et le déclenchement probable d'élections.

Mais à quelques heures de la relâche parlementaire et du dépôt du budget, le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, a annoncé que son caucus ne comptait pas accélérer la marche et réduire les interventions des députés afin de permettre l'adoption in extremis du projet de loi.

Il aurait fallu l'accord de tous les partis afin de prolonger les débats et, ensuite passer au vote.

« C'est l'incompréhension », dit Véronique Hivon

« Nous sommes tous amèrement déçus et ébranlés que des problèmes internes vont emporter un important projet de loi pour la société québécoise », a ajouté le ministre Bédard jeudi.

Même si jusqu'à la dernière minute, la ministre déléguée aux Services sociaux a gardé espoir de voir les partis trouver un terrain d'entente, Véronique Hivon se dit consternée par la décision du Parti libéral. « Ça ne fait aucun sens. De penser que nous étions si près du but, après quatre ans de travail, dans la plus belle collaboration - qu'on n'allait pas adopter le projet pour une question de quelques heures... » Elle s'interroge sérieusement sur les raisons qui ont motivé Philippe Couillard à adopter cette position.

« La population est perdante et la démocratie vit un jour difficile. On n'a pas réussi à s'élever au-dessus de la partisanerie et adopter le projet de loi », a-t-elle dit.

M. Couillard a souligné que les débats sur le projet de loi Mourir dans la dignité s'étaient toujours déroulés de façon non partisane et qu'il souhaitait que les procédures se poursuivent ainsi. Il ne faut pas brimer les opinions sur un sujet aussi sensible, selon lui.

« Je condamne toute tentative de limiter la liberté d'expression », a-t-il lancé.

Le ministre Stéphane Bédard a sévèrement critiqué la décision de Philippe Couillard, affirmant que les députés auraient eu suffisamment de temps pour terminer le débat. « Une démarche de quatre ans sera reportée parce qu'il manque une heure de débat! »

« Pourquoi pas aujourd'hui? » a demandé Hélène Daneault, députée de la Coalition avenir Québec. « Nous sommes déjà ici. Pourquoi politise-t-on un projet de loi qui allait, pour la première fois au Québec, se faire de façon non partisane? »

M. Bédard a déclaré que M. Couillard « ne souhaite pas voter sur ce projet de loi » et que le chef du Parti libéral « a abdiqué ses responsabilités ».

Toutefois, les députés libéraux se sont engagés à ramener le projet de loi sur l'aide médicale à mourir s'ils sont réélus. De son côté, Véronique Hivon refuse de céder au cynisme et demeure convaincue que le projet de loi sera bientôt adopté.

Dernier blitz législatif

En fin d'avant-midi, la réforme du Code de procédure civile a été adoptée et les partis ont réussi à adopter une motion forçant la première ministre et son mari à témoigner en commission parlementaire au sujet d'une présumée entente avec la FTQ.

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