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Libye: un mort dans des attaques contre des bureaux de vote peu avant les élections

20/02/2014 08:15 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT

Une personne a été tuée dans un série d'attaques contre des bureaux de vote dans la nuit de mercredi à jeudi à Derna, dans l'est libyen, quelques heures avant le début du vote pour l'élection d'une Assemblée constituante.

"Cinq bureaux ont été attaqués avec des engins explosifs et n'ont pas pu être ouverts aujourd'hui", a déclaré à des journalistes le président de la Commission électorale, Nouri al-Abbar.

Selon lui, la Commission est en train d'examiner les possibilités pour réorienter les électeurs vers d'autres bureaux de vote de la ville.

Une source locale a fait état d'un mort dans un autre attaque.

"Des hommes armés ont tué par balles un gardien d'une école qui abritait un bureau de vote lors de leur tentative de placer un engin explosif" dans cet établissement, sixième bureau de vote pris pour cible dans la ville, a déclaré à l'AFP le coordinateur du réseau des organisation de la société civile à Derna, Abdelbasset Abu Dhahab.

Plus tard, vers midi, des hommes armés ont contraint un autre bureau de vote à fermer dans le centre de la ville, a ajouté la même source.

"Des hommes armés qui tiraient en l'air ont contraint les fonctionnaires de la Commission électorale de quitter le bureau avant de le fermer", a ajouté M. Abu Dhahab.

M. al-Abbar a confirmé à l'AFP cet incident, affirmant toutefois que la Commission était en train de tenter de sauver le processus électoral dans la ville.

D'autres sources locales ont affirmé que les attaques visaient vraisemblablement à saboter le processus électoral.

La ville de Derna, fief de groupes extrémistes, est régulièrement le théâtre d'attaques contre des juges ou les services de sécurité.

A la veille des élections, le groupe jihadiste Ansar Ashariaa a réaffirmé dans un communiqué son rejet du processus démocratique, appelant à l'application de la charia.

M. Abbar a ajouté par ailleurs que la Commission n'avait pas été en mesure d'acheminer le matériel électoral vers 29 bureaux de vote dans la ville de Murzak, dans le sud, en raison d'un mouvement de protestation de la minorité des Toubous.

Sur les 60 sièges de la future Constituante, six sont réservés aux minorités (Toubou, Amazigh et Touareg), et six autres aux femmes.

Les Amazighs, qui devaient disposer de deux sièges, boycottent le scrutin pour protester contre l'absence de mécanismes garantissant leurs droits culturels dans la future Constitution.

L'Assemblée ne comptera donc que 58 membres, au lieu de 60.

Les Toubous n'ont pas annoncé officiellement le boycott des élections, mais certaines composantes de cette minorité ont appelé les candidats à se retirer des élections.

Seulement quelque 1,1 million de Libyens se sont inscrits pour le scrutin contre plus de 2,7 millions lors des premières élections libres du pays en 2012, sur 3,4 millions d'électeurs potentiels.

La Constitution, qui sera rédigée par l'Assemblée, devra être approuvée par référendum et doit trancher sur des questions importantes comme la structure du pouvoir, le statut des minorités et la place de la charia.

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